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Crédit immobilier aux Etats-Unis : la crise de trop ?

Compte rendu - succint - de la conférence organisée par Attac Poitiers lundi 10 décembre 2007.
Prise de notes assurée par Jean Cordier.

Crédit immobilier aux Etats-Unis : la crise de trop ? - Quelques vérités sur la crise financière - avec
Gérard DUMÉNIL, Economiste, directeur de recherche au CNRS, Membre du conseil scientifique d’ATTAC -

La conférence-débat fut vivante et riche en information et les questions nombreuses. En l’absence d’un enregistrement de la conférence, le compte-rendu sera très modeste. On notera le petit public présent ce soir-là avec environ 25 personnes dans la salle. Dommage pour les absents !
Pour des compléments, on renvoie au site d’Attac-France et aussi aux sites des économistes du conseil scientifique d’Attac (Gérard Duménil en fait partie).
Exemple : http://www.france.attac.org/spip.php?page=recherche&recherche=subprime
Vous trouverez également en document téléchargeable le "4 pages" réalisé pour cette soirée sur le blog.

Description de la crise :

Grâce à une série de graphiques projetés sur grand écran, Gérard Duménil a bien mis en évidence une crise qui vient de loin avec la modification de l’encadrement des crédits de type "accession à la propriété". La faillite des caisses d'épargne américaines dans les années 80, remplacées par des organismes garantis par l'Etat ("Freddie Mac" et "Fannie Mae"), elles-mêmes concurrencées depuis quelques années par des organismes plus accrocheurs et moins scrupuleux ont amené à la situation du moment. La dérégulation des conditions d'accès au crédit s'est faite au détriment de ceux qui avaient peu mais auxquels on promettait beaucoup. La rapacité des nouveaux "opérateurs" a fait le reste.

Dans les années 80, aux Etats-Unis, des sociétés ont développés des crédits dits "subprimes", adaptés à des ménages modestes (revenus faibles ou incertains) (Jusqu’à cette époque, ils avaient peu de chances d’acquérir un bien immobilier). Ce changement s’explique par l’évolution de la concurrence dans la finance et la volonté de ne pas (ou plus) encadrer l’accès à un crédit immobilier. Le secteur de l’immobilier va dans un premier temps être dopé.
Les taux des emprunts qui vont être proposés sont élevés et indexés (Il s’agit d’emprunts à long terme, ex : 30 ans). La maison ou l’appartement est hypothéqué en garantie du prêt. Dans une première période (2 ans par exemple), les remboursements sont modérés, mais ensuite très importants et cela va mettre l’emprunteur en grande difficulté.
Remarque : A noter que les emprunts pour la consommation d’autre biens peuvent précipiter les risques.

Comment une société peut faire du profit et se dégager du risque ?
Lorsqu’un crédit est accordé, les frais de dossier du prêt (dont les frais d’hypothèque) sont importants et c’est un premier profit. D’autre part, on sait que nombre de clients seront plus tard en difficulté, la société crée alors des titres négociables en bourse en y incluant, entre autres, les crédits à risque. Cette vente est la deuxième source de profit. L’acheteur du titre (banque etc) espère un bon rendement puisque les taux sont élevés, mais il n’a pas pris la mesure du risque associé.
Lorsque les emprunteurs ne sont plus solvables, les biens hypothéqués viennent saturer le marché de l’immobilier (excès d’offre), entraînant une baisse des prix et la crise devient manifeste en août 2007.

Les premières victimes sont les ménages endettés. D’autre part, une partie des personnels des sociétés financières à l’origine du problème sont licenciées. 
Les titres concernés se dévalorisent. Des banques, dont des européennes, sont en grande difficulté. Ceci rejaillit sur la bourse, et donc aussi sur les entreprises.

La réserve fédérale aux Etats-Unis, la banques centrale en Europe, interviennent pour venir en aide aux banques en difficulté. Pour cela elles peuvent utiliser des prêts à 24 heures. Il s’agit donc « d’ajustements » au jour le jour. Et lorsque les journaux publient des « chiffres » sur ces interventions, leur interprétation n’est pas évidente.

Poids de la crise : Elle est révélatrice des effets de la libéralisation du système financier, mais elle peut être absorbée. Malheureusement, le temps a manqué pour regarder les autres sources de crises en gestation.

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