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Ratification du traité de Lisbonne

La France a ratifié le traité de Lisbonne ; le processus de ratification sera probablement mené à son terme dans toute l’Union européenne, même si l’Irlande, seul pays à organiser un référendum, peut encore mettre un grain de sable dans le mécanisme.
Ce nouveau traité n’aura aucune légitimité populaire. Sa rédaction et son adoption en catimini par les gouvernements et la ratification par voie parlementaire le privent de tout appui réel parmi les peuples européens. Loin de mettre l’Europe « en panne », le non néerlandais et français de 2005 avait soulevé un immense espoir aujourd’hui déçu : l’Union européenne était néolibérale et antidémocratique avant ce traité, elle le restera après. La principale différence, c’est que les peuples bâillonnés sont maintenant de plus en plus conscients que cette Europe-là se construit sans eux et contre eux.

Dans ce contexte, il importe maintenant de réfléchir aux perspectives à avancer, aux batailles à mener dans l’avenir et aux échéances de mobilisations. La séquence qui s’ouvre maintenant comporte d’ores et déjà plusieurs échéances importantes au niveau européen :
sur le plan institutionnel, la présidence française sera au niveau national un moment important de focalisation sur l’Union européenne, l’élection du parlement européen en juin 2009 en sera une autre ;
pour Attac et le mouvement altermondialiste deux échéances importantes se présenteront avec la première université des Attac d’Europe du 1er au 6 août 2008 et le Forum social européen de Malmö du 17 au 21 septembre 2008.

L’enjeu est d’être en capacité de reprendre l’initiative, en s’appuyant sur ces échéances pour porter des propositions alternatives et engager des mobilisations susceptibles de peser sur l’avenir de l’Europe. Attac mènera ses propres initiatives, mais également cherchera à en prendre de façon unitaire, en veillant à une présence forte et plurielle des associations, des syndicats et des forces politiques opposées au néolibéralisme.

Dans le contexte politique actuel, il est nécessaire à la fois de poursuivre des débats de fond, notamment sur la construction européenne, et d’exprimer des revendications explicites à caractère mobilisateur, s’appuyant sur les analyses et propositions plus globales portées par Attac et le mouvement altermondialiste.

Un « Petit Libre » d’Attac sur l’Europe, édité dans les prochains mois, mettra en avant nos analyses et propositions d’alternatives pour l’autre Europe que nous voulons.
La crise du capitalisme financier nécessite qu’Attac lance une grande campagne sur la régulation financière aux niveaux européen et international. Le Conseil d’administration propose comme objectifs prioritaires ces prochains mois :
– de réimpulser, en lien avec les comités locaux, un travail d’éducation populaire et de faire connaître notre critique de la politique économique et monétaire et nos propositions alternatives ;
– de préparer le lancement d’une grande campagne sur la régulation financière.
Attac-France portera cette campagne et la proposera aux autres Attac d’Europe avec pour échéance les élections européennes de 2009.

Cette campagne devra être articulée avec les dossiers clés de l’agenda de l’Union européenne (et notamment de la présidence française), qui seront au cœur de mobilisations cette année, où Attac-France, en lien avec les autres Attac d’Europe et le mouvement altermondialiste, devra prendre toute sa place :
- la stratégie « global Europe », dont notamment les accords bilatéraux de libre-échange ;
- la Politique agricole commune, remise sur la table des négociations européennes cette année (sont déjà prévus une campagne commune avec le CCFD, Peuples Solidaires, Artisans du Monde, la Confédération paysanne et les Amis de la Terre, ainsi qu’un livre des Attac d’Europe et de Via Campesina Europe) ;
– les OGM, avec le projet d’une campagne commune au niveau européen ;
– la question du droit du travail, qui va prendre une importance cruciale au niveau européen, suite en particulier au Livre vert de la Commission européenne sur le droit du travail et aux arrêts Viking et Laval-Vaxlolm ;
– les migrations, dont on sait que le président de la République veut en faire un dossier clé pendant la présidence française de l’Union européenne.

Enfin, des campagnes centrales à venir à écho national, notamment sur les retraites, devront être articulées avec les questions européennes.

Attac France,
Montreuil, le 9 février 2007

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