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La pousse du maïs n'est pas dans la culture du gendarme

La pousse du maïs n'est pas dans la culture du gendarme

La gendarmerie nationale a-t-elle vocation à se substituer à une société de gardiennage ? Dans le cas des essais de maïs transgénique, la réponse est oui. Depuis quelques jours, les six parcelles situées à Valdivienne et Civaux (5,5 hectares en tout) ont même droit à une surveillance accrue, 24h/24 avec deux gendarmes postés en permanence sur chaque parcelle. Ces essais privés sont cultivés par la société Idémaïs pour le compte des multinationales agrochimiques Syngenta Seeds SAS, Pionner Genetique SARL et Monsanto Agriculture France SAS (et son fameux hybride « NK603x MON 810 » découvert par la « NR » début mai, autorisé sous forme d'essai et non de culture). Ces puissances financières mondialisées profitent quasiment à plein temps de l'effectif d'une brigade territoriale d'une ville de 7 000 habitants. Cet afflux de militaires est-elle une des conséquences de l'assemblée générale des faucheurs volontaires organisée le week-end dernier à Grigny (Rhône) ? Les faucheurs ont annoncé qu'ils deviendraient des « semeurs volontaires » pour lutter contre la privatisation des semences mais… ils ont également dénoncé les carences de moyens mis en oeuvre pour faire respecter le moratoire sur le MON 810. En clair, ils s'autorisent donc toujours le droit de faucher. L'Etat a donc pris les devants en envoyant ses militaires au champ. Mais ces derniers vivent de moins en moins bien cette mission qui confine plus au rôle d'un vigile de supermarché qu'au maintien de l'ordre. D'après nos informations, les multinationales auraient même tenté mieux dernièrement : elles voulaient imposer aux brigades un suivi de la croissance des pieds de maïs OGM ! Et le comptage des grains de fusée, c'est pour quand ? Bref, ça chauffe sous des képis soumis au devoir de réserve mais qui ont une autre idée de leur mission républicaine.

Car si l'utilisation du denier public pour le privé pose aux civils comme aux militaires un cas de conscience, la situation a le mérite de montrer la scandaleuse collusion entre ces multinationales et un Etat dit de droit.

Xavier BENOIT, (Nouvelle République de la Vienne du 17/07/08)

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