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Relance des négociations OMC

Relance des négociations OMC

Ce lundi 21 juillet 2008 se tient à Genève une réunion mini-ministérielle OMC.

Cette réunion nous est présentée comme celle de la « dernière chance ». Instrumentalisant la très grave crise alimentaire actuelle, les grands acteurs de l’OMC (le directeur général Pascal Lamy, la Commission européenne et les États-Unis) prétendent qu’un accord libéralisant davantage le commerce international serait bénéfique pour le monde entier.

Depuis longtemps, les faits ont démenti ce genre d’affirmations : pour la Banque mondiale elle-même, peu suspecte d’antilibéralisme, les gains globaux envisagés à l’horizon 2015 seraient de 96 milliards de dollars, dont environ 16 pour les pays en développement. Cela représente 0,2 % du revenu annuel moyen des pays en développement, ou moins d’un centime de dollar par jour pour une personne vivant dans un de ces pays. Cette même Banque mondiale doit concéder également que, pour les pays les plus pauvres, les pertes tarifaires découlant de ces accords seraient quatre fois supérieures aux gains escomptés. À quoi s’ajouteraient les millions de destructions d’emplois.

La conclusion du cycle de Doha aggraverait la crise alimentaire actuelle, en libéralisant encore davantage les marchés agricoles fragiles ; elle ne diminuerait pas la pauvreté et ne servirait pas le développement ; elle ruinerait les fragiles industries de transformation des pays dits en développement ; et, finalement, la conclusion d’un tel accord réduirait encore la possibilité d’accès aux services, au Sud comme au Nord, rendant impossibles la création ou le maintien de services publics, tout en détruisant massivement de l’emploi.

L’Union européenne, moteur dans ces négociations, devrait avoir une position courageuse et éviter une conclusion hâtive d’un accord qui ne renforcerait que des intérêts limités, ceux des entreprises transnationales. Il faudrait pour cela qu’elle modifie de fond en comble sa conception mercantile et libérale de courte vue.

Attac France, Montreuil, le 21 juillet 2008

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