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La crise, une aubaine pour les prédateurs

 

rubon1.jpgLes crises mondiales, une aubaine pour les multinationales insatiables de gains, de rentes, de profits et autres prédations et spéculations.

Le G20 s’est réuni en grande pompe, le 15 novembre, à Washington aux USA, pour évaluer la gravité de la situation de crise qui affecte le capitalisme mondial et convenir des mesures à prendre pour lui redonner une légitimité fondée sur l’absence de toute alternance crédible et une opérationnalité construite sur une argumentation foireuse.

Les grands de ce monde, regroupés au sein d’un G20, un directoire souverainement composé sur proposition d’un Président américain à bout de souffle et un président de l’Union Européenne en plein euphorie, ont décidé de refondre le système financier mondial afin de garantir la relance concertée de l’économie pour éviter l’effondrement du système capitaliste. Il s’agissait au départ, ni plus ni moins, que de la construction d’un nouveau Bretton Woods !

Devant l’insignifiance des résultats obtenus, les grands ont reconnu que le défi ne pouvait être relevé en quelques heures de réunion à Washington et qu’il s’agissait plutôt d’un processus de plus longue haleine, avec un second Sommet de même nature convenu pour le printemps prochain et probablement d’autres rendez-vous.

D’ici là, des mesures seront préconisées et si les conditions s’y prêtent, mises en oeuvre, pour moraliser le système et inciter prédateurs de toutes natures, spéculateurs de tous genres et délinquants en cols blancs, à plus de retenue dans la liquidation des services publics, l’accaparement, voire le pillage du patrimoine de l’humanité et des richesses produites.

Les paradis fiscaux et judiciaires, et les marchés de produits dérivés ont été identifiés comme les premiers responsables des crises mondiales et devront faire l’objet de mécanismes concertés de régulation dont les Etats souverains resteront, chacun au niveau de son économie nationale, en dernier instance les seuls acteurs de la régulation. Joli tour de force pour responsabiliser des Etats nationaux dans une économie largement mondialisé et globalisée, sous domination de multinationales agissant sur les espaces supra nationaux. Et que dire de la faisabilité de la chose dans la plupart des pays pauvres, absent du débat et pénalisés par trois décennies de destructions systématiques de leurs administrations, politiques suicidaires imposées par les institutions de Bretton Woods aux mains des Etats riches, puissants et ou industrialisés ?

La crise financière provoquée par et dans les économies dominantes commence à affecter les pays pauvres On s’attend à moins d’aide publique au développement, à une chute des cours des matières premières qu’exportent ces pays pauvres, du fait de la récession qui frappe les économies des pays développés, et chose aussi grave sinon plus, à une aggravation des conditions inhumaines d’exploitation de la main d’oeuvre et des ressources des pays pauvres par les multinationales prédatrices.

Les révoltes de la faim, les grèves durement réprimées des mineurs au Maghreb, les mouvements de protestation des populations touarègues expulsées de leurs terres par les transnationales d’exploitation minière au Niger ou les producteurs de bananes transformés en esclaves au Cameroun, l’actualité déborde d’informations qui parviennent à percer peu ou prou pour nous interpeller sur la situation dramatique voire tragique de ces populations

L’union européenne a bien réuni les dirigeants africains pour les rassurer de sa mansuétude en ces temps difficiles mais semble-t-il, au G20 dont l’UE fait partie intégrante, les préoccupations sont de toute autre nature : saisir l’excuse des crises pour mieux dégager le terrain et imposer les injonctions des institution de Bretton Woods et de l’OMC et comme l’écrit le 17 novembre Franck Gaye sur le Blog :

Une partie particulièrement inquiétante dans la déclaration de Washington est : "dans les douze mois à venir, nous nous abstiendrons d’ériger de nouvelles barrières à l’investissement ou au commerce des biens et des services, d’imposer des nouvelles restrictions ou de mettre en oeuvre des mesures de stimulation des exportations contraires aux règles de l’OMC. En outre, nous nous efforcerons de parvenir cette année à un accord sur des modalités conduisant à la conclusion l’agenda pour le développement de Doha de l’OMC avec un résultat ambitieux et équilibré."

Cette crise va permettre de dépasser les détours des accords bilatéraux et de remettre les pays du Sud au pas.

Visitez le site : http://speculand.com/

 

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