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Retraites - Page 7

  • Opération escargot…

    Opération "Roulons à train de sénateurs" réussie !
    L'opération escargot de mardi matin 5 octobre à Poitiers appelée par Solidaires 86, a rencontré une réussite certaine (une quarantaine de voitures). Cette opération visait à ralentir les déplacements et donc l'économie. Les automobilistes ralentis ont en général exprimé leur solidarité.
     
    Lien France 3 Poitou-Charentes :
     
    Solidaires 86 décide de réitérer cette action jeudi 7 octobre au matin et appelle à y participer :
    Le rendez-vous est fixé à 7 h 00 sur le parking du parc des expositions de Poitiers (Arènes).

  • Ciel, il reste des ouvriers en France !

    Alter éco.gifLorsque certains responsables politiques ou éditorialistes évoquent la réforme des retraites, leur vision de la société française est parfois surprenante. A bien les écouter, les défenseurs de la retraite à soixante ans seraient certes bien intentionnés (même s’ils n’ont pas le monopole du coeur), mais totalement rétrogrades, arc-boutés à une vision misérabiliste et “germinalisante” de la réalité sociale.

    A l’heure où chacun entreprend des études de plus en plus longues et rentre ainsi de plus en plus tard sur le marché du travail, à l’heure où les conditions de travail s’améliorent (elle est bien pratique l’image du conducteur de train à vapeur comparée à celle du conducteur de TGV!), et à l’heure où l’on vit de plus en plus vieux, et bien oui, évidemment, maintenir le droit de partir à la retraite à soixante ans serait une hérésie. Et à ceux qui proposent de maintenir cette liberté tout en prévoyant d’augmenter légèrement la durée de cotisation, on répond qu’ils sont hypocrites puisque personne ne pourra prendre sa retraite à taux plein à soixante ans. Ce serait donc une fausse liberté et une porte ouverte à la baisse des pensions.

    A tout cela, on opposera quelques chiffres. Non, la société française n’est pas encore devenue la société de la connaissance que l’on nous promet depuis des décennies. Pour preuve, parmi les hommes actifs âgés de 50 à 55 ans en 2007 (nés entre 1952 et 1957), 33% sont ouvriers, 11% sont employés, 23% exercent une profession intermédiaire et 19% un emploi de cadre ou une profession libérale. Les premiers ont quitté l’école en moyenne à 16,8 ans, les seconds à 18,8 ans. Au total, parmi les hommes appelés à partir en retraite dans les prochaines années, plus de quatre sur dix pourraient le faire à soixante ans, avec un nombre de trimestres largement suffisants, après plus de 42 ans de cotisation. Notons au passage que ces quelques éléments chiffrés doivent amener à la prudence celles et ceux qui décrivent une générations de baby-boomers partant en retraite dans des conditions qui seraient idylliques : dans les prochaines années, ce sont des centaines de milliers d’ouvriers qui partiront aussi en retraite avec de faibles pensions. L’évolution moyenne à la hausse des revenus des retraités, tirée vers le haut par le départ à la retraite d’un certain nombre de salariés aisés, ne doit pas faire oublier que ce sont des millions de salariés d’exécution qui composent également ces générations.

    Les chiffres sont également éloquent pour les hommes âgés de 40 à 45 ans en 2007, nés entre 1962 et 1967. Parmi les actifs de cet âge,  un tiers d’ouvriers qui ont quitté l’école en moyenne à17,3 ans et 10% d’employés ayant terminé leurs études en moyenne à 18,7 ans. On objectera que pour tous ces salariés, le dispositif “carrières longues” permettra un départ départ anticipé à la retraite. Tout d’abord, dans l’état actuel de la loi, les salariés ayant commencé à travailler à 18 ans sont exclus de ce dispositif. Par ailleurs, ce dernier repousse de 59 à 60 ans la possibilité de départ à la retraite pour les assurés nés à partir de 1956 et ayant commencé à travailler à 16 ans (après 44 ans de cotisation…). Les idéologues ne sont donc pas forcément ceux que l’on croit : dans ce cas, pourquoi toucher à la borne des 60 ans? Avec les femmes, les ouvriers et les employés sont bien les principaux perdants de la réforme.

    Sur le blog de Camille Peugny, sociologue :

    http://www.alternatives-economiques.fr/blogs/peugny/2010/09/27/ciel-il-reste-des-ouvriers-en-france/ 

  • Retraite des femmes : le mensonge comme seul argument

    Martine Billard, Danièle Bousquet, Marie Georges Buffet, Anny Poursinoff, députées, Christiane Marty, membre du Conseil scientifique d’ATTAC

    Sourd à l’hostilité de la population à la réforme des retraites, le gouvernement maintient son projet, en l’amendant de quelques mesurettes sur la pénibilité ou les carrières longues. Contre les inégalités de retraite entre les hommes et les femmes, pourtant très importantes, rien n’est prévu. Eric Woerth en conteste même la réalité et tient des propos lénifiants sur l’évolution de la situation, en niant les conséquences particulièrement négatives qu’aurait son projet sur les femmes. Sur cette question, son discours se réduit à deux arguments, basés sur l’hypocrisie et le mensonge.

    Hypocrisie quand il répète que "la retraite n’a pas vocation à corriger l’ensemble des inégalités existant dans l’emploi". Certes, mais elle n’a surtout pas vocation à les amplifier. Or c’est le cas : la pension moyenne des femmes, tout compris, ne représente que 62 % de celle des hommes, alors que leur salaire moyen représente 80 % de celui des hommes. En outre, sans les dispositifs conjugaux et familiaux dont elles bénéficient, leur pension ne représente même pas la moitié (48 %) de celle des hommes. Ces dispositifs se révèlent donc indispensables, tout en restant insuffisants pour compenser les inégalités.

    Pourtant, le gouvernement n’hésite pas à affirmer, dans le dossier de présentation du projet de loi : "Les femmes bénéficient de nombreux dispositifs de solidarité au sein de nos régimes de retraite, qui (…) compensent efficacement l’impact des enfants". Permettre aux femmes d’atteindre 62 % de la pension des hommes, est-ce cela une compensation efficace ? C’est probablement au nom d’une telle conception que ces dispositifs ont déjà été réduits par la réforme de 2003 et en 2009, et qu’ils continuent d’être mis en cause… au nom de l’égalité entre les femmes et les hommes ! Hypocrisie encore, lorsque le projet prévoit de sanctionner les entreprises pour… absence de plans pour l’égalité professionnelle, alors que c’est l’absence de résultats qui doit enfin être sanctionnée si on vise vraiment à l’efficacité.

    Publié sur Le Monde

  • Retraites : Les vrais effets de la réforme

    logo_site.png1 Le niveau des pensions baissera et pénalisera les salariés

    En dépit des promesses répétées de ne pas baisser le niveau des pensions, la réforme envisagée par le gouvernement aura les mêmes conséquences que celles de 1993 et de 2003 : une baisse considérable du taux de remplacement des pensions par rapport aux salaires. Le recul de l’âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans en 2018 et l’augmentation de la durée de cotisation à 41,5 ans en 2020 rendront beaucoup plus difficiles les conditions de départ. Puisque l’âge moyen de cessation d’activité est inférieur à 59 ans et que les deux tiers des salariés sont déjà hors emploi à 60 ans, ceux qui conserveront un emploi devront travailler plus longtemps, les autres sombreront dans la précarité ne pouvant cotiser malgré l’obligation qui leur est faite.

    Le projet accentue encore l’injustice en repoussant à 67 ans l’âge auquel on pourra partir à taux plein sans décote. Ainsi, le gouvernement ne tient aucun compte du fait que, à 60 ans, l’espérance de vie en bonne santé est moitié moindre que celle de l’espérance de vie tout court. C’est à se demander si, voulant trouver une « solution démographique » à un problème qui ne l’est pas, on ne cherche pas en haut lieu à interrompre la tendance à l’allongement de l’espérance de vie.

     

    2 Les inégalités ne seront pas réduites mais aggravées

    Tout se conjugue pour perpétuer les discriminations dont sont victimes les femmes. Actuellement, les femmes perçoivent une retraite qui ne représente en moyenne que 62 % de celle des hommes en incluant les dispositifs de solidarité et 53 % sans ces derniers. Petits salaires, carrières discontinues, petites retraites et âge plus tardif de départ pour ne pas subir de décote, aucun de ces handicaps ne sera atténué par la réforme en cours. En effet, les dispositifs de majoration ont été rognés pour les femmes fonctionnaires en 2003 (6 mois au lieu d’un an par enfant) et pour les salariées du privé en 2009 (1 an au lieu de 2 par enfant, la seconde année pouvant être partagée avec le père). La possibilité d’inclure pendant le congé de maternité un trimestre d’indemnités dans le calcul du salaire de référence pour la retraite sera très loin de compenser les dégradations précédentes. Le projet de réforme va également pénaliser les mères fonctionnaires en supprimant, à partir de 2012, leur droit à une retraite anticipée quand elles ont trois enfants.

     

    3 Les carrières longues et la pénibilité sont largement ignorées

    L’aggravation des inégalités va aussi se produire par le biais des mesures portant sur les carrières longues et la pénibilité qui concernent avant tout les salariés ayant passé leur vie avec des salaires faibles ou très faibles. Le dispositif de la loi de 2003 avait permis aux salariés ayant commencé à travailler tôt de partir avant 60 ans : 100 000 par an en avaient bénéficié. Le gouvernement ayant jugé que c’était trop, avec la nouvelle réforme, il leur faudra attendre deux ans de plus, et le nombre de bénéficiaires sera diminué de moitié dès 2011. Le Medef peut être satisfait du traitement de la pénibilité : elle ne sera prise en considération qu’au cas par cas, laissant au salarié le soin de faire la preuve médicale que son travail a été pénible. La pénibilité du travail est ramenée à la question du handicap physique puisqu’il faudra un taux d’incapacité au moins égal à 20 % pour que cette notion soit reconnue. Sachant que les individus restent en bonne santé en moyenne jusqu’à 63 ans, le choix est fait de les faire travailler pratiquement jusqu’à cet âge, les privant ainsi des quelques bonnes années dont ils pourraient jouir.

     

    4 Les fonctionnaires y perdront beaucoup

    Augmenter le taux de cotisation des fonctionnaires de près de 3 points signifiera une baisse de salaire déguisée, alors que, à qualification égale, les retraites du privé et du public sont comparables. Et, contrairement aux assurances données par le gouvernement, son projet de loi concerne les cheminots (régimes spéciaux) sur tous les points appliqués à la fonction publique. La seule différence réside dans la date d’application, « seulement » à compter de 2017, car il faut attendre que la contre-réforme de 2007 soit appliquée totalement avant d’aller plus loin.

     

    5 Une machine à produire du chômage

    Reculer l’âge de départ à 62 ans entraînera une hausse du chômage et des déficits sociaux tant que le nombre d’emplois offerts n’augmentera pas. Dans une période de chômage tel que nous le connaissons, ces mesures sont absurdes car, si les seniors sont maintenus au travail, l’entrée des jeunes dans la vie active sera retardée d’autant. D’ailleurs, l’INSEE vient d’établir une corrélation entre l’augmentation du taux de chômage des jeunes et l’application des réformes de 1993 et de 2003.

    Cette réforme des retraites est aussi néfaste que le sont les politiques de l’emploi menées depuis trente ans. On prétend dynamiser l’emploi en aggravant les conditions d’emploi et de salaires. C’est l’effet inverse qui se produit : la dévalorisation du travail sous tous ses aspects entraîne déqualification, précarité, détérioration de la santé et, au bout du compte, atonie de l’activité économique et donc dégradation des comptes sociaux. La réforme des retraites est une déclinaison de cette spirale descendante.

     

    6 Une répartition des richesses globalement inchangée qui n’assure pas le financement des retraites

    Le gouvernement a beau faire la sourde oreille, il a été contraint de dire qu’il fallait trouver de nouvelles sources de financement. Mais les nouvelles sources qu’il a trouvées lui ont été soufflées par le patronat. Sur les 32,2 milliards de déficits prévus en 2010, il compte prélever 3,7 milliards sur les revenus du capital. Le reste sera pris aux salariés. Le passage de 40 à 41 % du taux de la dernière tranche de l’impôt sur le revenu et l’augmentation d’un point des prélèvements sur les cessions d’actifs sont anecdotiques.

    Sur le moyen terme, les mesures d’âge et de durée de cotisation feraient entrer dans les caisses de retraite 20,2 milliards en 2020 et la baisse des pensions des fonctionnaires 4,9 milliards. Dans le même temps, 1,4 milliard serait transféré de l’assurance chômage aux caisses de retraite, en dépit de la faiblesse des indemnités chômage et du maintien prévisible du sous-emploi à un haut niveau. Salariés et chômeurs contribueraient donc à hauteur de 26,5 milliards sur les 45 milliards nécessaires.

    Le comble de la réforme est qu’elle n’assure pas l’équilibre tant souhaité puisqu’il manquera 15 milliards en 2020. Comment pourrait-il en être autrement puisque la classe bourgeoise ne veut pas que l’avantage qu’elle a acquis depuis 30 ans lui soit enlevé, à savoir l’extraordinaire détournement de la valeur ajoutée à son profit.

     

    7 Satisfaire les marchés financiers

    La baisse des revenus du travail est l’une des causes majeures de la crise déclenchée en 2007. Celle-ci a provoqué un accroissement considérable des déficits publics et sociaux. Maintenant, l’enjeu est de savoir qui va payer les pots cassés de cette crise. Les marchés financiers, bras armé des possédants, entendent faire plier les États dont les systèmes sociaux sont considérés comme trop avantageux pour les salariés et les populations aux revenus modestes. Jour après jour, tous les membres du gouvernement dissertent sur la nécessité de rassurer les marchés financiers. Tel est l’objectif premier des plans d’austérité draconiens qui s’installent dans tous les pays européens, du plus faible, la Grèce, au plus fort, l’Allemagne, et cela avec l’appui ou sous les injonctions du FMI.

     

    8 Une réforme insuffisante pour la Commission européenne

    La Commission européenne prépare un Livre vert sur les retraites qui recommandera de relever l’âge de départ à la retraite pour que les individus ne passent pas plus d’un tiers de leur vie d’adulte en retraite. On n’en attendait pas moins d’une Commission qui a toujours dans ses tiroirs le projet d’augmenter la durée hebdomadaire du travail jusqu’à 65 heures.

     

    9 Une réforme qui laisse dans l’ombre la capitalisation

    Le document d’orientation présenté à la mi-mai par le gouvernement estimait nécessaire « d’encourager les dispositifs d’épargne retraite ». Il annonçait « des mesures permettant à davantage de Français de compléter leurs pensions de retraite en recourant à des dispositifs d’épargne-retraite ». Dans le projet de réforme, le soin mis pour éviter toute allusion à cette volonté est suspect, d’autant plus que l’UMP et le Medef sont très favorables au régime par capitalisation. Il faudra s’attendre dans les semaines à venir et lors de la présentation du texte au Parlement à quelques surprises en la matière.

     

    10 Un projet à rebours de l’histoire

    Derrière les retraites, ce qui est en jeu, c’est la place du travail et du temps libéré dans la vie, la place des travailleurs et des retraités à qui il n’est reconnu que le devoir d’exister comme subordonnés à l’exigence du capital. Ce qui est en jeu aussi, c’est le type de développement humain qui est promu : à la nouvelle contre-réforme des retraites correspond un modèle d’où est exclue la possibilité d’utiliser les gains de productivité pour réduire la durée du travail et gagner du temps libre, et dans lequel la société est vouée à jamais au productivisme.

    Jean-Marie Harribey, Politis, n° 1108, 24 juin 2010

  • S’attaquer à la finance, pas aux retraites !

    rubon1.jpg« Nous attaquons les retraites », se vante Claude Guéant, le directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, dans une interview donnée le 20 juin au Financial Times, le journal de la finance internationale (http://www.ft.com/gueant). Et ce n’est pas fini : il annonce encore 70 000 suppressions d’emplois publics en 2011 et 2012, et de nouvelles coupes budgétaires et sociales. « Nous devons en faire plus, beaucoup plus », dit-il !

     

    Pour la journée d'action du jeudi 24 juin contre le projet de loi sur les retraites du gouvernement, vous trouverez ci-joint le tract réalisé par Attac.

    tract_24_juin.pdf