Pire, il a choisi de poursuivre sa politique, en la mâtinant de quelques mesures destinées à en dissimuler les effets les plus graves.
Il ne remet pas en cause les cadeaux fiscaux faits aux privilégiés.
Il continue d’aider banques et entreprises sans aucune contrepartie en termes de choix d’investissement, de priorités, alors qu’il se gargarise de protection des plus faibles et de développement durable.
Il saupoudre quelques aides pour les victimes du chômage partiel, mais sans envisager la moindre politique en faveur de l’emploi.
Il invente la catégorie de la classe moyenne inférieure pour désigner la fraction de plus en plus importante du salariat payée au SMIC ou autour du SMIC, sans qu’il soit question d’augmenter celui-ci.
Il entend parachever ses contre-réformes qui démantèlent les services publics, notamment de l’enseignement et de la recherche, en sacrifiant toujours davantage de postes de fonctionnaires, désignés comme improductifs et bloquant le dynamisme de l’économie. C’est la meilleure façon de faire oublier les vrais fautifs de la crise.
Renouant avec les heures sombres du colonialisme, il laisse se dégrader une situation sociale dramatique en Guadeloupe et en Martinique, révélant ainsi un profond mépris à l’égard des populations les plus humbles.
L’association Attac dénonce cette politique en trompe-l’œil, au service d’un système capitaliste incapable de répondre aux besoins humains, et dont les responsables affichent avec une belle arrogance la volonté de ne rien changer, à l’instar du Medef. Attac rappelle l’urgence à répartir les richesses de manière équitable, grâce à un revenu minimum décent pour tous, à un revenu maximum, à des services publics de qualité accessibles à tous, à une politique économique préparant un avenir non productiviste. La crise est majeure mais elle n’arrive pas par hasard. Elle résulte de la logique financière et de politiques menées depuis trois décennies auxquelles il faut mettre un terme, en France, en Europe et dans le monde. Plus que jamais l’heure est à la mobilisation : ici le 19 mars, partout ailleurs le 28 mars lors du prochain G20, peut-être avant et sûrement après.

Réunions mensuelles :
Devant l’évidence de la crise – et plus encore celle de la montée du mécontentement –, M. Nicolas Sarkozy a dû reconnaître que le pouvoir d’achat n’était pas une question accessoire. D’où la suppression des deuxième et troisième tiers provisionnel pour les familles ayant un revenu déclaré inférieur à 11 673 euros par an, le relèvement de l’indemnisation du chômage partiel, et la prime (500 euros) pour les chômeurs n’ayant travaillé que deux à quatre mois au cours de la dernière année – un coup de pouce toujours bon à prendre, mais très en dessous des besoins.
Allez faire un tour sur le site d'Attac France, dans Spéculand, dédié à "la crise".
À l’issue de sa rencontre avec les syndicats, le Président Sarkozy n’a fourni aucune réponse aux attentes de la population.
On n’a pas assez fait attention à la dangerosité du nouveau slogan de Sarkozy avancé dans son émission de propagande du 5 février : « le partage des profits en trois tiers : salariés, actionnaires et investissement ». On passera vite sur le fait que Sarkozy et nombre de commentateurs le lendemain confondent souvent valeur ajoutée et profit. À la racine de cette confusion figure la croyance que le capital est fécond. Ainsi, Pierre-Antoine Delhommais, nouvel économiste libéral en chef au journal Le Monde, écrit-il (7 février 2009) : « Deux facteurs contribuent à la création de valeur ajoutée dans l’entreprise : le capital et le travail. » On recommande à cet éditorialiste, s’il s’obstine à ne pas lire une seule ligne de l’économie politique et de Marx en particulier, de lire au moins les deux premiers alinéas de la page 223 (éditions Payot, 1969) de la Théorie générale de Keynes. Mais, pour aujourd’hui, l’essentiel sera ailleurs.
La crise financière mondiale est née aux États-Unis en 2006-2007. Assez rapidement, elle s’est complétée d’une crise bancaire et d’une crise de disponibilité des liquidités ; elle a percuté les budgets publics de nombreux États et a accru une crise économique et une crise sociale déjà bien installées. Face aux milliards de dollars, de livres sterling et d’euros ouverts soudainement aux banques pour « sauver les économies des épargnants » (sic), des responsables politiques ont utilisé le discours qu’ils tiennent après chaque catastrophe : « Plus jamais ça ! » Parmi celles et ceux qui, pendant des années, ont participé aux dérégulations et à la libéralisation totale de la finance, on a entendu des rodomontades contre les patrons voyous et aussi contre le « scandale des paradis fiscaux ». Mais aucune mesure concrète sérieuse n’a encore été prise pour venir crédibiliser ces discours.