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Retraites

  • Retraites complémentaires : arrêtons la régression

     

     

    Logo Attac.jpgL'accord de principe sur les retraites complémentaires AGIRC et ARRCO conclu le 16 octobre dernier entre le patronat et trois syndicats (CFDT, CFE-CGC et CFTC) doit être signé le 31 octobre 2015.

    Il prévoit, pour équilibrer les comptes de ces caisses, de réaliser une économie annuelle de 6 milliards d’euros d’ici 2020 qui se fera quasi exclusivement sur le dos des salarié·e·s et des retraité·e·s, et qui s’inscrit ainsi dans la continuité des politiques d’austérité. 

    Les mesures principales sont le recul de la date annuelle de revalorisation des pensions, leur sous-indexation (revalorisation inférieure à l’inflation), la baisse des droits futurs des salarié·e·s et un système d’abattement et de bonus sur la pension complémentaire.Par exemple, une personne qui souhaite partir en retraite à l’âge légal (62 ans) et qui a la durée de cotisation exigée se verra néanmoins appliquer un abattement de 10 % sur sa pension complémentaire. Pour ne pas subir l’abattement, elle devra rester en emploi un an de plus, jusqu’à 63 ans. 
    Cela revient à reculer d’un an l’âge du départ à la retraite, alors qu’aujourd’hui déjà, du fait du chômage important des seniors, l’âge moyen de cessation d’activité en France est de 59 ans. Cela aboutit également à augmenter d’un an la durée de cotisation exigée pour bénéficier d’une pension à taux plein, c’est-à-dire sans aucun abattement.

    Les pensions ont déjà été fortement dégradées par les précédents accords et celui qui vient d’être conclu va encore aggraver cette tendance, y compris pour une part importante de retraite modeste, contrairement aux affirmations de certains. La perte de pouvoir d’achat, programmée pour trois ans supplémentaires par l’accord, touche plus durement les personnes qui ont de petites pensions, parmi lesquelles les femmes sont prépondérantes. De même, l’augmentation de la durée de cotisation et le report de l’âge d’ouverture des droits pénalisent davantage les femmes, car elles ont toujours aujourd’hui des carrières plus courtes. 
    Cet accord va à l’encontre de l’objectif d’égalité entre les femmes et les hommes affiché par le gouvernement et les partenaires sociaux.

    Pourtant des solutions justes existent pour financer les retraites. L’axe central inclut une mise à contribution des revenus du capital, la réduction du chômage, en particulier par le développement de l’activité utile, l’amélioration des salaires, la lutte contre le temps partiel subi par les femmes et la réalisation de l’égalité salariale entre les femmes et les hommes.

    Attac condamne la signature de cet accord et demande un vrai débat démocratique sur ces enjeux de société.

  • Signez l'appel : ensemble, défendons nos retraites !

    image002.jpgLors de la Conférence sociale du 20 juin, François Hollande a annoncé que, dans le cadre de la prochaine réforme des retraites, l’allongement de la durée de cotisation sera « la mesure la plus juste » face à « cette chance formidable qu’est l’allongement de l’espérance de la vie ». Cette voie n’est pas acceptable.

    Les réformes de 1993, 2003, 2007 et 2010 ont déjà réduit les droits à pensions de plus de 30 %, en aggravant les inégalités déjà fortes entre les pensions des femmes et celles des hommes. Elles doivent donc être remises en cause.

    Lire la suite et signer l'appel pour défendre nos retraites en cliquant ici ou sur le site www.retraites2013.org

  • Collectif citoyen « Pour nos retraites, on lutte ! »

    image002.jpgCollectif citoyen « Pour nos retraites, on lutte ! »

    Ce mercredi 4 septembre, à proximité de l’Élysée, a eu lieu la conférence de presse de lancement de la campagne unitaire et citoyenne Retraites 2013 regroupant un large arc de forces associatives, syndicales et politiques.

    Consulter, signer et faire circuler l’appel constitutif du collectif : http://www.retraites2013.org/signez-lappel-ensemble-defendons-nos-retraites/

    Visionner la conférence de presse, la diffuser http://www.dailymotion.com/video/x148dmg_conference-de-presse-du-collectif-04-09-13_news

    Quelques échos de presse :

    Les collectifs unitaires locaux doivent désormais se mettre sur pied dans le maximum de localités et démultiplier les initiatives locales.

    D’ores et déjà des contacts sont pris par le collectif pour l’organisation de grands meetings avec des personnalités nationales (ATTAC/Copernic, Solidaires, FSU, CGT, Collectif féministe, Collectif Jeune, PC, PG, autre composante du FG, NPA, EELV, Gérard Filoche…) dans plusieurs grandes villes de France.

    Pour l’Île de France un rassemblement de débat et de fête aura lieu le Vendredi 4 octobre, de 18h à 22h sur une place parisienne (à la veille du débat parlementaire qui commence du lundi 7 octobre). Pour rappel, le texte sera présenté au Conseil des ministres le 18 septembre.

    D’autres meetings nationaux et de réunions publiques locales doivent rapidement s’organiser à l’initiative de collectif unitaires locaux. Ces évènements seront annoncés sur le site du collectif (www.retraites2013.org).

    Nous contacter : retraites2013@gmail.com

    Une apparition du collectif doit s’organiser lors des manifestations du mardi 10 septembre. Pour Paris un point fixe est prévu (diffusion de milliers de « 4 pages argumentaire » et d’autocollants).

    Le collectif s’est doté de matériels et d’outils de campagne :

    • Ces matériels ainsi que des autocollants (lien) seront tirés à des dizaines de milliers d’exemplaires et disponibles pour les collectifs locaux à la fête de l’Huma (stand d’ATTAC et d’autres composantes du Collectif).

    Plus d’information : http://www.retraites2013.org

    L'équipe d'animation « Pour nos retraites, on lutte ! »

  • Retraites : 100 initiatives locales et de grandes manifestations le 10 septembre !

    Comme en 2010, un ouvrage commun Attac/Copernic est en cours de rédaction. Attac prépare également un "petit guide pour défendre les retraites" qui sera tiré à plusieurs milliers d'exemplaires. Ces deux matériels seront disponibles fin août. 

    Dès septembre, nous comptons mener des actions qui fassent le lien entre cette énième réforme des retraites, le renoncement au désarmement de la finance et l'austérité mortifère imposée partout en Europe.

    En France, les retraites ont toujours été un marqueur. Nous en appelons donc à la mobilisation de l'ensemble des militant-es et des adhérent-es. Chacun-es à votre niveau, vous pouvez contribuer au refus du fatalisme ambiant et à la construction d'un mouvement citoyen qui inverse la donne.

    tract-a5.pdf

  • Rapport Moreau sur les retraites : les efforts ne seront pas partagés (par Jean Marie Harribey)

    Le Président l’avait dit : nous vivons plus longtemps, il faudra travailler plus longtemps, comme si cela allait de soi. Le rapport remis au Premier ministre le 14 juin 2013 par Yannick Moreau l’a répété.

    Le Président a assuré alors que les efforts seraient partagés. Pourtant, les salariés et les retraités en supporteront les 4/5e. La nouvelle réforme risque donc de produire un nouveau recul social.

    D’où viennent les déficits attendus ?

    Le besoin de financement de toutes les caisses de retraites, prévu pour 2020 s’élèvera à environ vingt milliards d’euros. Pourquoi une telle aggravation ? Le rapport Moreau répond :

    « La durée et l’ampleur de la crise depuis 2008 affectent fortement le système des retraites et rendent plus exigeantes les conditions du retour à l’équilibre. »

    Est-ce que vingt milliards d’euros représentent quelque chose d’insupportable ? Le rapport Moreau répond encore :

    « Les besoins à l’horizon de 2020 sont de l’ordre d’un point de PIB. »

    Un ordre de grandeur à rapprocher de la détérioration de la part de la masse salariale de cinq points dans le PIB depuis trois décennies, que l’on retrouve sous forme de dividendes supplémentaires versés aux actionnaires. Soit 100 milliards d’euros par an – cinq fois plus que le déficit attendu en 2020 – dont le rapport Moreau ne dit mot pour équilibrer les budgets sociaux.

    Les fonctionnaires sont-ils des privilégiés ?

    Les idéologues libéraux le répètent sans cesse : les fonctionnaires sont des privilégiés. Le rapport Moreau dément :

    « Malgré des modes de calcul des pensions différents, le taux de remplacement médian est proche pour la génération 1942 entre les salariés du privé (74,5%) et les salariés civils du secteur public (75,2%). »

    Les fonctionnaires peuvent-ils partir à la retraite beaucoup plus tôt que les salariés du privé ? C’est encore une idée reçue, car pour les générations entièrement parties à la retraite, à l’instar de celle de 1938, « les salariés du privé ont liquidé leur retraite plus tardivement que ceux du public (en moyenne à 61,3 ans contre 57,5 ans), mais ils ont cessé de travailler quasiment au même âge (à 58,8 ans contre 58,2 ans). »

    Que signifierait alors le rapprochement des modes de calcul des pensions du public et du privé, alors que cela a pour effet immédiat de baisser le niveau des pensions ? Il provoquerait, au nom de l’équité, une disparité de résultat entre les anciens salariés du privé et les anciens fonctionnaires, ce qui obligerait à baisser les pensions dans un mouvement perpétuel de rattrapage par le bas.

    La désindexation des pensions

    L’accord sur les retraites complémentaires imposé par le patronat aux syndicats le 13 mars 2013, qui prévoit d’indexer les pensions un point de moins que l’inflation, fait école.

    Le rapport Moreau propose d’aller encore plus loin : sous-indexer de manière exceptionnelle les pensions du régime général et aussi des fonctionnaires (avec une différenciation éventuelle selon le niveau des pensions) ou bien modifier le mode d’indexation des salaires « portés au compte » : ceux dont il sera tenu compte pour le calcul des futures pensions.

    La tendance à la baisse interminable des pensions sera ainsi renforcée, à la fois par rapport aux salaires et en valeur absolue.

    Faut-il travailler plus longtemps ?

    Comme la baisse des pensions par la sous-indexation ne suffit pas, le rapport Moreau préconise de la renforcer par l’allongement de la durée de cotisation pour bénéficier d’une retraite à taux plein. Il s’agit de cotiser, au lieu de 41,5 ans aujourd’hui :

    • 41,75 ans en 2020 (génération 1957) ;
    • 43 ans en 2035 (génération 1962) ;
    • 44 ans en 2050 (génération 1966) ;
    • voire d’accélérer le calendrier 43 ans dès 2024 et 44 ans en 2028.

    Dans ces conditions, il ne serait pas nécessaire de faire bouger encore les seuils d’âge de la retraite.

    Le rapport Moreau veut augmenter la durée du travail, alors que le chômage flambe, à cause de la récession et de l’interruption de la tendance séculaire à la baisse du temps de travail.

    Toutes les propositions sont bâties sur l’hypothèse centrale du Conseil d’orientation des retraites (le COR), qui table sur une croissance moyenne de la productivité du travail de 1,5% par an pendant tout le prochain demi-siècle ,avec un taux de chômage de seulement 4,5 %.

    Comment peut-on imaginer que la population dite active (demandeurs d’emploi inclus) augmente de plus d’un million d’ici 2017-2018, alors qu’il n’y aura pas de création d’emplois s’il n’y a ni croissance ni réduction du temps de travail ?

    On voit déjà que le taux d’emploi des 55-64 ans est passé de 36% en 2003 à 46% en 2012, pendant que leur taux de chômage a aussi fortement augmenté à cause de la situation économique et de l’extinction de la dispense de recherche d’emploi.

    Les actuels retraités vont devoir payer aussi

    Les futurs retraités seront pénalisés par les modifications des paramètres ci-dessus, mais les actuels retraités ne sont pas oubliés. Plusieurs dispositifs sont prévus pour cela, notamment :

    • l’alignement des taux de la CSG des retraités (actuellement 6,6%) sur celui des actifs (7,5%) ;
    • la suppression progressive de l’abattement fiscal de 10% pour frais professionnels ;
    • la soumission à l’impôt des majorations de pension pour trois enfants et au-delà de trois.

    De nouvelles recettes ?

    Pour contribuer à combler le besoin de financement du régime général de sept milliards d’euros en 2020, le rapport Moreau préconise une hausse des cotisations sociales : 0,1 point par an, à partager entre salariés et employeurs.

    Cette mesure est supposée rapporter 2,6 milliards d’euros en 2020. On en conclut que l’effort qui sera demandé aux entreprises s’élèvera à 1,3 milliard d’euros, c’est-à-dire à moins d’un cinquième de l’effort total, tandis que les 4/5e reposeront sur les travailleurs actuels et anciens.

    La philosophie générale du rapport Moreau apparaît clairement. Il convient de « s’inscrire dans la trajectoire des finances publiques retenues par les pouvoirs publics et de concourir au redressement des comptes publics et à la crédibilité internationale de la France. »

    On ne peut mieux dire : s’inscrire dans les politiques libérales d’austérité, bien que toute l’aggravation des déficits publics provienne de la récession organisée par ces politiques. Face à cela, il est urgent de cesser l’austérité et de repenser la progression des cotisations en élargissant leur assiette à tous les revenus distribués, sans que cela ait la moindre incidence sur les prix. Impossible ? Seulement 10% des dividendes seraient nécessaires pour passer le cap de 2020. Dix points de moins qui iront à la spéculation.