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Retraites - Page 4

  • Projections démographiques : on se calme !

    Alter éco.gifLes nouvelles projections démographiques de l'Insee à l'horizon 2060 mettent en évidence une chute rapide de la part des 20-64 ans dans la population totale. De quoi, semble-t-il, donner du grain à moudre aux promoteurs de la réforme des retraites. Pourtant, la situation est loin d'être aussi catastrophique qu'on le laisse entendre.

    L'Insee a rendu publique le 26 octobre dernier de nouvelles projections démographiques à l'horizon 2060. Le fait que ce travail, base essentielle de la prospective en matières de retraites, ne soit prêt que maintenant, après que le projet de réforme ait été voté par le Sénat et l'Assemblée, en dit long sur la précipitation avec laquelle ce texte a été conçu… La publication tardive de ces projections n'en est pas moins utilisée par les défenseurs de la réforme pour souligner l'ampleur des problèmes démographiques auxquels nous sommes confrontés dans l'espoir de calmer la vindicte populaire à l'égard d'un projet qui comporte de nombreuses mesures injustes. Pourtant, les projections de l'Insee n'impliquent en réalité nullement les conséquences catastrophiques qui leur sont attribuées.

    Niveau de l'immigration, évolution de la natalité, problème sanitaire majeur… les prévisions démographiques à cinquante ans présentent toujours un degré d'incertitude élevé. Les chiffres de l'Insee confirment néanmoins des tendances lourdes connues et incontournables : jusqu'en 2035, la combinaison de l'arrivée à 65 ans des générations nombreuses du baby-boom et de la poursuite probable de l'augmentation de l'espérance de vie devrait entraîner une chute rapide de la part des 20-64 ans dans la population totale. Chute qui devrait se poursuivre ensuite, mais à un rythme plus lent. Selon le scénario central de l'Insee, la part des 20-64 ans dans la population totale passerait ainsi de 58,7 % en 2007 à 52,6 % en 2035 et 51,2 % en 2060. Tandis que la part des plus de 65 ans monterait de 16,5 % en 2007 à 26,7 % en 2060.

    Il ne fait de doute pour personne que ces évolutions démographiques probables vont soumettre les systèmes sociaux à de fortes tensions au cours des prochaines décennies. Pour autant, les prévisions de l'Insee ne signifient aucunement que nous sommes condamnés à choisir entre la peste d'une baisse importante du niveau des pensions de retraite et le choléra du travail jusqu'à 70 ans ou plus. Ce qui compte en effet pour le financement des systèmes sociaux, ce n'est pas tant la population d'âge actif que la part de cette population qui est employée et produit donc des richesses. Richesses dont on peut dès lors prélever une partie pour subvenir aux besoins de ceux, retraités mais aussi enfants et jeunes en études, qui n'en produisent pas encore ou plus.

    Or, le taux d'emploi des 20-64 ans n'était que de 69,1 % en 2007 en France. Du coup, les 20-64 ans qui occupent un emploi ne représentaient que 40,6 % de la population totale. Mais ce taux d'emploi de 69,1 % seulement laisse encore une marge considérable avant d'approcher les 100 %… Si on est en mesure de l'augmenter de 3 % par décennie (ce qui porterait le taux d'emploi des 20-64 ans à 84 % en 2060, encore très loin des 100 %), la part des 20-64 ans qui occupent un emploi non seulement ne baisserait quasiment pas dans la population totale d'ici à 2035 − elle passerait seulement de 40,6 % à 40,3 % −, mais elle augmenterait au-delà. Et ce n'est pas la mer à boire : cela signifie en effet créer 100 000 emplois supplémentaires par an au cours des prochaines décennies. Or, durant la décennie 2000 (et malgré la crise de 2008-2009), l'économie française en a créé en moyenne 186 000 en plus par an, et même dans la décennie 1990, particulièrement catastrophique sur ce plan, on avait dénombré 101 000 emplois de plus chaque année.

    Bref, les évolutions démographiques prévisibles vont en effet accroître fortement le poids des plus de 65 ans dans la population française et diminuer celui des personnes d'âge actif. Mais nous avons encore une proportion si importante de personnes de 20 à 64 ans sous-employées que nous pouvons parfaitement contrebalancer cet effet et maintenir la part de ceux qui occupent un emploi dans la population totale.

    Guillaume Duval | Article Web - 27 octobre 2010

    Site d'Alternatives Economiqueshttp://www.alternatives-economiques.fr/previsions-demographiques---on-se-calme--_fr_art_633_51802.html

  • Retraites : Les actions continuent à Poitiers

    - Mercredi 3 Novembre  : action de blocage des bus de ville Vitalis Poitiers menée par l'intersyndicale hier.

     Manifestations Samedi 6 novembre :

    - A Poitiers : rendez-vous à 10 h 00, Promenade des Cours.
    - A Châtellerault : rendez-vous à 10 h, à la Manu. 
      La mobilisation doit continuer ! Soyons nombreux.
      
    L'intersyndicale 86 se réunira vendredi 5 novembre à 10 h 00 afin de déterminer la suite du mouvement sur le département de la Vienne. L'intersyndicale nationale se réunira jeudi 4 novembre.
     
    Site des luttes 86 : http://infodesluttes86.fr

     

  • Le vote d'une réforme inique ne la rend pas plus légitime

    rubon1.jpgContre un mouvement social d'une ampleur exceptionnelle et une opinion publique hostile, le Parlement a adopté hier la réforme Woerth-Sarkozy. Malgré le vote du Parlement, cette réforme est toujours aussi illégitime.

    Illégitime, car le candidat Nicolas Sarkozy avait déclaré en 2007 ne pas vouloir toucher à l'âge de départ à la retraite, et n'a donc pas reçu mandat pour le faire. Illégitime, par l'affairisme de ses promoteurs, Eric Woerth et ses affinités avec la fortune Bettencourt, Guillaume Sarkozy, dirigeant de Malakoff-Médéric, qui profite de la réforme pour lancer un fonds de retraite par capitalisation. Illégitime, par le refus de toute négociation avec les syndicats. Illégitime, car cette réforme pénalise surtout les femmes, les jeunes, les ouvriers. Illégitime enfin, car elle signifie la soumission à la loi des marchés financiers et des agences de notation. Tout cela pour sauver la notation AAA de la France !

    Le gouvernement et les parlementaires ont montré, à cette occasion, comment on peut allier l'injustice sociale à l'autoritarisme antidémocratique. Le Parlement a même aggravé le projet gouvernemental en prévoyant pour 2013 une 'réforme systémique' ('retraite par points' ou 'comptes notionnels'), synonyme de nouvelles régressions.

    Un système par points, déjà en vigueur dans les régimes complémentaires de l’ARRCO et de l’AGIRC, est un système à cotisations définies qui permet d'ajuster par de simples mesures réglementaires le niveau du point, donc des pensions. Le système par comptes notionnels, quant à lui, sous une apparence de transparence, vise en réalité à accroître encore l'individualisation des droits, faisant dépendre le niveau de la pension du seul montant des cotisations versées par la personne. Il s'ajuste automatiquement, sans débat social, à mesure que l'espérance de vie augmente. Dans les deux systèmes, les ajustements étant permanents, le salarié ne peut pas connaître le taux de remplacement de son salaire avant la liquidation de sa retraite. 

    En janvier dernier, le Conseil d’orientation des retraites avait reconnu que ces systèmes sont incapables de faire face à un choc démographique ou économique, et que leur mise en application provoquerait à terme une nouvelle baisse des pensions d’environ 20 %.

    Une autre réforme demeure plus que jamais nécessaire. Une réforme progressiste, qui passe au contraire par un rééquilibrage entre la rémunération du capital et celle du travail, qui a perdu près de 200 milliards d'euros actuels par an en 20 ans. Faire cotiser les profits permettra de restaurer la retraite à 60 ans à taux plein, tout en réduisant les inégalités entre retraité-e-s. Attac poursuit résolument son engagement dans le mouvement multiforme de la société pour empêcher la mise en oeuvre de la réforme Woerth-Sarkozy, et imposer une réforme conforme aux intérêts de la grande majorité.


    Attac France, Paris, le 28 octobre 2010

  • Construire la solidarité financière avec les grévistes : Attac s'engage

    rubon1.jpgLa mobilisation citoyenne contre la réforme des retraites s'enracine. Les manifestations, massives et unitaires, vont continuer, mais n'ont pas suffi à faire reculer un pouvoir autiste qui gouverne pour les marchés financiers et refuse d’écouter la société.

    Soutenus par la très grande majorité de la population, les grévistes et les citoyens engagés dans le mouvement recherchent de nouveaux modes d’action pour se faire entendre. Ils poursuivent la résistance, dans l’éducation nationale, les lycées et universités, la SNCF et les aéroports, les raffineries et les ports, le transport routier, dans d’innombrables grandes, moyennes et petites villes de France. Les actions unitaires et pacifiques de blocage se multiplient, malgré le durcissement de la répression. L’adoption de la réforme par l’Assemblée et le Sénat n’y changera rien. Le vote d'une réforme injuste et illégitime, contre la volonté populaire, est un déni de démocratie inacceptable. Le mouvement social, qui refuse cet état de fait, est profondément ancré dans la société et s'inscrit pour durer.

    La première solidarité est bien sûr de participer aux grèves, aux manifestations et aux actions. Mais tout le monde ne peut pas faire grève. La solidarité financière peut être elle aussi décisive. Il faut aider les grévistes à tenir, pour obliger le pouvoir à céder. Les initiatives, déjà nombreuses (voir le site « Solidaires pour une grève efficace » http://www.bizimugi.eu/grevesolidaire), doivent se multiplier.

    Les comités locaux d'Attac et tous les adhérents doivent jouer un rôle important dans le développement de la solidarité avec les grévistes dans les jours qui viennent. De nombreux syndicats, d'entreprise, de branche ou au plan national, appellent à la solidarité citoyenne : il faut le faire savoir et organiser partout cette solidarité. Tous ensemble, nous pouvons mettre en échec l'arrogance et le mépris de ce gouvernement.

    Quelques adresses utiles pour envoyer les chèques de soutien :

    CGT Solidarité Luttes Retraite, CGT, 263 rue de Paris, 93516 Montreuil Cedex

    Union Syndicale Solidaires, "Solidarité grévistes retraites", 144 Boulevard de la Villette, 75019 Paris

    CGT Chimie (FNIC), 263 rue de Paris, Case 429, 93514 Montreuil Cedex.

    Coordination CGT TOTAL, à l'attention de Christine KIPFER, Bureau A0102, 24 cours Michelet, La Défense 10 92069 PARIS LA DEFENSE CEDEX

    SUD-Chimie, 6 rue Louis Blanc, 76100-ROUEN

    Section CFDT, Raffinerie Total Feyzin, BP 6, 69551 Feyzin, ordre du chèque « Solidarité »

    Intersyndicale CGT-CFDT Raffinerie de Grandpuits, 77720 Mormant Cedex (paiement possible en ligne sur le site http://www.raffineriegrandpuits.fr/ )


    Attac France, Paris, le 25 octobre 2010

  • Le point de fusion des retraites

    logo-30.gifPeut-être plus qu’aucune autre, la présente affaire des « retraites » se prête-t-elle à illustrer ce propre des grands conflits sociaux qui est de porter au jour des mécontentements bien au-delà de l’objet circonscrit de la « réforme » en débat. Seul l’élargissement de perspective qui permet de faire entrer le cortège de ces motifs latéraux, et en fait principaux, dans le tableau d’ensemble peut en livrer le sens, celui-là même que les gouvernants se refusent obstinément à voir, bien aidés il est vrai par la cohorte des experts amicaux, eux aussi adeptes de la « réduction technocratique » et surpris de ne rien comprendre à ce qui se passe sous leurs yeux. Si cependant, et pour le malheur de tous ces mal-comprenants, la question des retraites offre une caractéristique singulière, c’est bien celle de faire passer avec une parfaite continuité des questions les plus techniques de la plomberie financière des pensions aux questions les plus politiques des formes mêmes de notre vie sociale – de ce point de vue, on ne pouvait pas mieux, ou plus mal !, choisir le lieu de l’affrontement, selon le degré, au choix, de rouerie ou de bêtise qu’on prêtera aux « réformateurs ».

    Une « réforme », mais pour qui ?

    Dans une économie sous la domination presque entière de la finance, il ne faut pas s’étonner que le maillon décisif qui fait passer de la « technique » à la politique soit précisément la question de la financiarisation. Il y a davantage lieu en revanche d’être surpris que l’intimité des liens entre la réforme des retraites et « la finance » ne soit pas davantage apparue pour ce qu’elle ne peut pourtant manquer d’être, à savoir une invraisemblable aberration dans une période où, précisément, nous n’en finissons pas d’écoper une crise financière de format séculaire. Par une de ces dissonances cognitives qui disent tout du désordre intellectuel dans lequel vit l’actuel président, il a donc été possible et de menacer la finance, agences de notation en tête, de toutes les foudres de Toulon, et de justifier la réforme des retraites par l’impératif du triple-A de la dette publique française… Mais le spectacle en soi consternant de l’inconséquence d’un président en plein chaos mental ne vaudrait pas une seconde d’attention s’il ne venait souligner par un formidable raccourci – la retraite contre le triple-A – le degré auquel les intérêts fondamentaux du corps social ont été subordonnés à ceux des opérateurs des marchés.

    Ainsi par un monstrueux dérèglement dont aucun des habituels curés de la « démocratie » ne semble s’être aperçu, nous assistons à cette situation proprement ahurissante dans laquelle un gouvernement prétendument légitime tente de s’adresser simultanément à deux communautés parfaitement hétérogènes et dont les intérêts sont radicalement antagonistes, à savoir la communauté politique nationale des citoyens et la communauté extra-politique (quoique politique elle le soit mais à sa manière bien à elle) et extra-nationale des créanciers internationaux, le comble du dérèglement venant de ce que, de plus en plus, les arbitrages des politiques publiques sont rendus en faveur de la seconde de ces communautés et contre la première. Dans cette affaire, le spectacle guignolesque d’un pouvoir qui s’aplatit en fait devant les forces qu’il ne menace qu’en mots est quantité négligeable comparé à cette configuration inédite de la politique moderne dans laquelle nous a fait entrer la libéralisation financière internationale. Car on croyait le peuple souverain la seule communauté de référence de l’Etat, son ayant-droit exclusif, l’unique objet de ses devoirs, et l’on aperçoit comme jamais à l’occasion de la réforme des retraites que, contrairement à de stupides idées reçues, le pouvoir politique ne gouverne pas pour ceux dont il a reçu la « légitimité » – mais pour d’autres. Il y a donc un tiers intrus au contrat social et l’on découvre que, littéralement parlant, c’est lui qui fait la loi – et tous nos vœux accompagnent les justificateurs de la « légitimité du mandat » et de ce que « ce n’est pas la rue qui gouvernera », car on se demande bien quelle autre solution il reste, à part la rue à prendre, pour objecter à cette sorte de scandale.

    La suite sur le blog de Frédéric Lordon : http://blog.mondediplo.net/2010-10-23-Le-point-de-fusion-des-retraites 

    Ci-dessous les têtes de chapitres de son article :