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Retraites - Page 5

  • Le point de fusion des retraites

    logo-30.gifPeut-être plus qu’aucune autre, la présente affaire des « retraites » se prête-t-elle à illustrer ce propre des grands conflits sociaux qui est de porter au jour des mécontentements bien au-delà de l’objet circonscrit de la « réforme » en débat. Seul l’élargissement de perspective qui permet de faire entrer le cortège de ces motifs latéraux, et en fait principaux, dans le tableau d’ensemble peut en livrer le sens, celui-là même que les gouvernants se refusent obstinément à voir, bien aidés il est vrai par la cohorte des experts amicaux, eux aussi adeptes de la « réduction technocratique » et surpris de ne rien comprendre à ce qui se passe sous leurs yeux. Si cependant, et pour le malheur de tous ces mal-comprenants, la question des retraites offre une caractéristique singulière, c’est bien celle de faire passer avec une parfaite continuité des questions les plus techniques de la plomberie financière des pensions aux questions les plus politiques des formes mêmes de notre vie sociale – de ce point de vue, on ne pouvait pas mieux, ou plus mal !, choisir le lieu de l’affrontement, selon le degré, au choix, de rouerie ou de bêtise qu’on prêtera aux « réformateurs ».

    Une « réforme », mais pour qui ?

    Dans une économie sous la domination presque entière de la finance, il ne faut pas s’étonner que le maillon décisif qui fait passer de la « technique » à la politique soit précisément la question de la financiarisation. Il y a davantage lieu en revanche d’être surpris que l’intimité des liens entre la réforme des retraites et « la finance » ne soit pas davantage apparue pour ce qu’elle ne peut pourtant manquer d’être, à savoir une invraisemblable aberration dans une période où, précisément, nous n’en finissons pas d’écoper une crise financière de format séculaire. Par une de ces dissonances cognitives qui disent tout du désordre intellectuel dans lequel vit l’actuel président, il a donc été possible et de menacer la finance, agences de notation en tête, de toutes les foudres de Toulon, et de justifier la réforme des retraites par l’impératif du triple-A de la dette publique française… Mais le spectacle en soi consternant de l’inconséquence d’un président en plein chaos mental ne vaudrait pas une seconde d’attention s’il ne venait souligner par un formidable raccourci – la retraite contre le triple-A – le degré auquel les intérêts fondamentaux du corps social ont été subordonnés à ceux des opérateurs des marchés.

    Ainsi par un monstrueux dérèglement dont aucun des habituels curés de la « démocratie » ne semble s’être aperçu, nous assistons à cette situation proprement ahurissante dans laquelle un gouvernement prétendument légitime tente de s’adresser simultanément à deux communautés parfaitement hétérogènes et dont les intérêts sont radicalement antagonistes, à savoir la communauté politique nationale des citoyens et la communauté extra-politique (quoique politique elle le soit mais à sa manière bien à elle) et extra-nationale des créanciers internationaux, le comble du dérèglement venant de ce que, de plus en plus, les arbitrages des politiques publiques sont rendus en faveur de la seconde de ces communautés et contre la première. Dans cette affaire, le spectacle guignolesque d’un pouvoir qui s’aplatit en fait devant les forces qu’il ne menace qu’en mots est quantité négligeable comparé à cette configuration inédite de la politique moderne dans laquelle nous a fait entrer la libéralisation financière internationale. Car on croyait le peuple souverain la seule communauté de référence de l’Etat, son ayant-droit exclusif, l’unique objet de ses devoirs, et l’on aperçoit comme jamais à l’occasion de la réforme des retraites que, contrairement à de stupides idées reçues, le pouvoir politique ne gouverne pas pour ceux dont il a reçu la « légitimité » – mais pour d’autres. Il y a donc un tiers intrus au contrat social et l’on découvre que, littéralement parlant, c’est lui qui fait la loi – et tous nos vœux accompagnent les justificateurs de la « légitimité du mandat » et de ce que « ce n’est pas la rue qui gouvernera », car on se demande bien quelle autre solution il reste, à part la rue à prendre, pour objecter à cette sorte de scandale.

    La suite sur le blog de Frédéric Lordon : http://blog.mondediplo.net/2010-10-23-Le-point-de-fusion-des-retraites 

    Ci-dessous les têtes de chapitres de son article :

     

  • Retraites : infos luttes à venir

    Actions du vendredi 22 octobre :

    - 8 h 00 : Porte de Paris, environ 200 manifestants (salariés en grève, retraités, lycéens, ...) ont répondu à l'appel de l'intersyndicale et de Solidaires 86 à la Porte de Paris. Filtrage de la circulation. Impossible de faire un feu de palettes : la police les retire du feu.
    - 9 h 30 : soutien aux personnels de la Médiathèque en gève depuis 13 jours et en AG à 10h00. Ils reconduisent la grève à samedi : environ 40 % de grévistes en grève tournante.
    - 10 h 30 : soutien aux lycéens de "Victor Hugo" qui bloquaient leur lycée (environ 300 lycéens).
    12 h 30 : environ 150 personnes dont les cheminots qui avaient amené le barbecue et les saucisses sont allés soutenir les personnels du CHU de Poitiers. AG sur le parvis du CHU : ils reconduisent la grève pour les 2 jours qui suivent.
    18 h 00 : Rendez-vous était donné sur le parking du centre commercial d'Auchan pour opération péage gratuit (péage Poitiers-Sud). Cette opération a été décidée à l'AG des étudiants.
    (Infos Solidaires 86)

    Calendrier d'actions pour les prochains jours :

    - Lundi 25 octobre : Rassemblement à Chauvigny à 17 h 30 à la mairie
    Mardi 26 octobre : Opération "zone commerciale morte" de 16 h 30 à 18 h 30
    RV parking Bois d'amour
    Jeudi 28 octobre : Journée nationale de grèves et de manifestations     
    A Poitiers : Départ : 10 h 00, ZUP, Place de Provence - Arrivée : Préfecture
    Mercredi 3 novembre : Rendez-vous devant "Vitalis", Blocage de 7 à 9 h (lien avec l'intersyndicale)
    Samedi 6 novembre : Journée nationale de grèves et de manifestations
    Poitiers : Départ : 10 h 00, Promenade des cours - Arrivée : Préfecture
  • Organiser la solidarité !

    Ce site a pour objectif d’organiser la solidarité entre salariés non grévistes (soit par impossibilité, soit parce que leur grève ne serait pas gênante), retraités, inactifs… envers les salariés grévistes qui ont un pouvoir bloquant (raffineries, routiers…) en finançant leur perte de revenus.

    Beaucoup de gens sont prêts à financer les grévistes pour qu’ils puissent tenir. Il faut donc s’organiser pour permettre cette solidarité.

    Allez sur le site : http://www.bizimugi.eu/grevesolidaire/

    Un petit tour également sur le site de 'intersyndicale de la raffinerie de Grandpuits : http://www.raffineriegrandpuits.fr/

  • Sevriena, l’entreprise sarkozyste de démolition des retraites

    Sevriena, une nouvelle société d’assurance spécialisée dans la retraite par capitalisation, créée par Guillaume Sarkozy, entend bien profiter de la réforme des retraites. Histoire d’une opportune naissance destinée à rafler un juteux pactole compris entre 40 et 110 milliards d’euros.

    « Je garantirai la pérennité du régime de retraite… Je ne changerai pas le régime par répartition (…) par un régime où chacun épargnerait de son côté… Il faudra que tout soit mis sur la table : l’âge de la retraite, la durée de cotisation et la pénibilité. La seule piste que je ferme tout de suite, c’est celle de la diminution des pensions… La réforme des retraites concernera tout le monde… Les pensions sont trop basses... »Nicolas Sarkozy sur TF1 le 25 janvier 2010.

    Nicolas Sarkozy veut-il vraiment sauver le régime de retraite par répartition ? Plusieurs faits récents contredisent cette profession de foi présidentielle. Nicolas Sarkozy est arc-bouté sur le projet de loi réformant les retraites pour d’autres raisons : la future loi contient quelques articles destinés à booster la retraite par capitalisation [1] au détriment de l’actuel système par répartition. Du sur mesure pour les banques et sociétés d’assurance, en particulier Malakoff Médéric, un groupe issu de la fusion en 2008 de Malakoff et de Médéric, qui est devenu dès sa création le premier groupe paritaire de protection sociale en France, avec plus de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

    Ce groupe dirigé par Guillaume Sarkozy, frère du chef de l’État, a le vent en poupe et a misé gros sur l’adoption de la réforme des retraites. Car il a récemment créé avec la Caisse nationale de prévoyance (CNP Assurances), premier assureur de personnes en France avec un chiffre d’affaires de 31,5 milliards d’euros en 2007, une société d’assurance du nom de Sevriena dont le destin programmé consiste à développer massivement la retraite par capitalisation. Cette société a déjà prévu une forte croissance de ses résultats : un document confidentiel (voir plus bas) estime le potentiel de création de valeur de cette entreprise à 634 millions d’euros dans 10 ans et à 1,2 milliards dans 20 ans.

    Peu de citoyens en seront informés : les principales banques et sociétés d’assurance guettent avec impatience l’adoption définitive du projet de réforme des retraites, notamment parce qu’il contient un dispositif que Nicolas Sarkozy et le gouvernement se gardent bien d’ébruiter. En effet, si l’on examine attentivement le texte de la réforme, les préoccupations réelles de Nicolas Sarkozy sont très éloignées du sauvetage de l’actuel système de retraite. Les dernières pages du projet de réforme des retraites adoptés le 15 septembre à l’Assemblée nationale contiennent un « titre V » entièrement consacré à la retraite par capitalisation, comme nous l’écrivions dans Politis (numéro du jeudi 23 septembre 2010).

    Certes, ce n’est pas le cœur de la réforme, mais cette partie du projet de loi, nommée : « Mesures relatives à l’épargne retraite », décline une série de mesures dans un article 32 de cinq pages, qui va profondément modifier la réglementation de la retraite par capitalisation, jurent les spécialistes de l’épargne retraite. Pour les assureurs et les banques, un grand pas est désormais franchi : cet article 32 permettra de dynamiter le système de retraite par répartition, un souhait depuis longtemps exprimé par le groupe mutualiste Malakoff Médéric du frère de Nicolas Sarkozy.

    La suite de cet article de Thierry Brun sur le site de Politishttp://www.politis.fr/Sevriena-l-entreprise-sarkozyste,11865.html

  • Nous ne battrons pas en retraite !

    Les mobilisations continuent contre la "réforme" des retraites du gouvernement. Voici les prochains rendez-vous :

    - Lundi 18 octobre, rendez-vous unitaire à 8 h 00, Porte de Paris

    - Mardi 19 octobre, 14 h 30 : grande manifestation unitaire, Pointe à Miteau (parking Castorama). Parcours : avenue du 8-Mai-1945, avenue de la Libération, Madeleine, Pont-Neuf.