29.04.2009

Pour que rien ne change

  « Tout changer pour que rien ne change », la fameuse formule pourrait servir de devise aux gouvernements européens. Leurs critiques de la finance et leurs rodomontades sur la régulation dessinent une véritable économie politique du simulacre. Les faits sont là : l’injection d’argent public dans les banques ne s’est accompagnée d’aucune mesure de contrôle ; les plans de relance sont calculés au plus juste et ne bénéficieront pas à ceux qui en auraient le plus besoin ; la remise en cause des primes des patrons reste cosmétique et dispense d’aborder la question beaucoup plus large de la répartition des revenus. L’intention est de traiter la crise a minima en espérant que les choses pourront repartir comme avant en 2010. Mais cela n’est tout simplement pas possible. La première raison est que les mesures prises ne suffiront pas à apurer le système bancaire et financier. Pour espérer le faire, il faudrait nationaliser et remettre tout à plat, comme le reconnaît The Economist  qui s’est rallié à cette option « malheureusement inévitable ». (1)

 Le modèle US fondé sur le surendettement des ménages ne peut manifestement pas redémarrer à l’identique et l’on voit mal les solutions de rechange disponibles sans remise en cause fondamentale des inégalités sociales. Au niveau mondial, l’incertitude la plus grande pèse sur la trajectoire du dollar, sur l’ampleur et le financement du déficit US et sur la capacité - et la volonté - du reste du monde de financer la croissance US. Enfin, l’Europe est en train d’imploser en tant qu’entité économique. (2)

 Malgré tout, les gouvernements préparent le coup d’après. Selon les dernières prévisions de l’OCDE (3), la zone euro devrait terminer l’année 2010 avec un taux de chômage proche de 12 % et un déficit budgétaire moyen de 7 % du Pib. Pour revenir à la normale, il faudra d’abord reprendre le cours interrompu des réformes du marché du travail. L’OCDE insiste sur ce point : il faudra s’assurer « que les mesures mises en oeuvre pour faire face à la crise mais pouvant avoir des conséquences dommageables à long terme soient retirées de manière ordonnée ». Il faudra ensuite résorber les déficits publics en coupant à nouveau dans les budgets sociaux, ce qui donne par exemple : « pour aider les personnes en difficulté, certains pays ont étendu la durée et les niveaux de la protection sociale. Si une telle action est compréhensible dans les circonstances actuelles, ces mesures devront être réduites lorsque l’activité se sera redressée ».

Ce retour à la normale est hors de portée. Un certain nombre de secteurs vont sans doute redémarrer et les journalistes se sont déjà munis de loupes pour discerner le moindre frémissement. Les plans de relance vont donner des espoirs mais la perspective générale est sombre : pas de retour aux taux de croissance d’avant la crise et stabilisation du taux de chômage à un niveau élevé. Le capitalisme s’engage dans une impasse, parce qu’il ne peut rétablir le modèle néo-libéral dans toute sa beauté, et parce qu’il ne veut pas mettre en place une sorte de néofordisme fondé sur une progression plus régulière de la demande intérieure et sur une répartition moins inégalitaire des revenus.

Il faut donc se préparer à une longue période d’indécision et d’affrontements. Rien n’est plus dangereux qu’une bête sauvage blessée. Il faut donc s’attendre de la part des dominants à une violence sociale renouvelée visant à défendre leurs privilèges sociaux. Elle s’appuiera si c’est nécessaire sur des positions réactionnaires de repli nationaliste. Du côté des dominés, la défense des conditions d’existence immédiates peut permettre de donner corps à un projet de transformation sociale confronté à trois énormes défis : établir le rapport de forces nécessaire pour contrôler l’activité des capitalistes ; desserrer la contrainte de la mondialisation sans sombrer dans les illusions souverainistes ; viser directement au bien-être social et rompre avec la religion de la croissance.

Michel Husson, Politis n° 1049, 23 avril 2009

 

1. « In knots over nationalisation », The Economist, 26 février 2009, http://gesd.free.fr/inknots.pdf

2. Michel Husson, « Chacun pour sa bourgeoisie », Regards, mai 2009, http://hussonet.free.fr/eurogar.pdf

3. Perspectives économiques de l’OCDE, Rapport intermédiaire, mars 2009, http://tinyurl.com/ozout93

Attac et l'Europe

rubon1.jpgAttac Poitiers se réunira lundi 4 mai à 20 h 30 à la maison du peuple, salle Timbaud, autour de la crise et de l'intervention des institutions eurropéennes et bien sûr des élections européennes. Tout le monde est le bienvenu.

D'autre part, afin d'intervenir sur le débat européen et d'interpeller les listes qui se présentent, une soirée-débat publique sera organisée le 26 ou le 27 mai à Poitiers avec Thomas Coutrot, économiste et membre du conseil scientifique d'ATTAC France.

Des précisions dans un prochain article.

21.04.2009

Le désastre irlandais

 

rubon1061.pngConfrontée à une situation particulièrement dramatique, l’Irlande verra son déficit budgétaire exploser, pour atteindre 13% cette année. De plus, ses capacités de financement réduites ont conduit le gouvernement à prendre des mesures drastriques de réduction des dépenses publiques : les salaires des fonctionnaires ont été amputés de 7,5 % pour financer les retraites, écrit Thomas Piketty. En quoi le cas irlandais nous concerne-t-il ? Ce pays offre en un raccourci temporel la vision de ce qui nous attend si les politiques actuelles ne sont pas infléchies pour prendre le contrôle des banques et espérer pouvoir en tirer ultérieurement un bénéfice. En France, lorsqu’il s’agira de solder les dettes publiques accumulées pour résister à la crise, le gouvernement se refusera à augmenter les impôts de ceux qui ont tiré profit de la phase ascendante de la bulle, et tentera de faire supporter la purge aux comptes sociaux.

Site de Contre Info : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2664

Passé presque inaperçu en France, le nouveau plan de rigueur présenté le 7 avril par le gouvernement irlandais nous en dit pourtant plus long sur la crise et ses conséquences que le G20.

De quoi s’agit-il ? Comme d’autres petits pays qui avaient beaucoup misé sur les secteurs immobiliers et financiers, l’Irlande se retrouve aujourd’hui dans une situation catastrophique. L’éclatement de la bulle sur le prix des logements et des actions a conduit à un effondrement de l’activité économique dans la construction et dans la finance, puis dans l’ensemble de l’économie irlandaise. Le produit intérieur brut (PIB) a baissé de 3 % en 2008, et les dernières prévisions gouvernementales parient sur une chute de 8 % en 2009, 3 % en 2010, avant un début de redressement en 2011.

Les recettes fiscales se sont effondrées, les dépenses visant à sauver les banques de la faillite et à venir en aide aux chômeurs (le taux de chômage atteindra 15 % d’ici la fin de l’année) ont progressé, et le pays se retrouve avec un déficit abyssal de 13 points de PIB prévu pour 2009 - soit l’équivalent de la totalité des salaires et des retraites de la fonction publique.

Le gouvernement irlandais enchaîne les plans de rigueur. En février, les salaires de fonctionnaires avaient déjà été amputés de 7,5 % pour financer les retraites. Cette mesure extrêmement brutale est justifiée en évoquant à la fois la situation budgétaire désespérée et la déflation à venir (le gouvernement prévoit une baisse des prix de 4 % en 2009, mais les salariés n’en ont pas encore vu la couleur). Et mardi dernier le ministre des Finances, Brian Lenihan, a annoncé de nouvelles mesures draconiennes visant à réduire le déficit 2009 de 13 à 11 points de PIB, avec notamment une hausse générale des impôts sur les revenus. La ponction moyenne sera d’environ 4 % de l’ensemble des revenus, et ira de 2 % au niveau du salaire minimum (300 euros de ponction pour un revenu annuel de 15 000 euros) à 9 % pour les revenus les plus élevés, avec effet au 1er mai. De toute évidence, ce nouveau plan de rigueur ne sera pas le dernier.

Ce qui frappe le plus, dans ce climat de crise extrême, c’est que le gouvernement s’acharne à maintenir son taux ultra-réduit de 12,5 % d’impôt sur les bénéfices des sociétés. Brian Lenihan l’a dit et répété le 7 avril : il est hors de question de revenir sur la stratégie qui a fait la fortune du pays depuis les années 1990, en attirant les sièges sociaux de multinationales et les investissements étrangers. Mieux vaut ponctionner lourdement la population irlandaise que de prendre le risque de tout perdre en faisant fuir les capitaux internationaux. Difficile de prévoir comment les Irlandais réagiront lors des élections européennes : rejet du gouvernement, rejet du monde extérieur, ou même rejet des deux à la fois. Mais une chose est sûre : l’Irlande ne se sortira pas seule du terrible engrenage dans lequel le système international l’a enferrée.

La stratégie de développement fondée sur le dumping fiscal, adoptée par tant de petits pays, est un désastre. L’Irlande a été suivie par beaucoup d’autres dans cette voie, et ne peut revenir seule en arrière. Presque tous les pays de l’Est ont maintenant des taux d’imposition des bénéfices des sociétés d’à peine 10 %. En 2008, le géant informatique Dell avait annoncé la fermeture de ses unités de production et leur relocalisation en Pologne, provoquant la panique en Irlande. L’accumulation de capitaux étrangers se paie en outre au prix fort : actuellement, un pays comme l’Irlande verse chaque année environ 20 % de sa production intérieure sous forme de bénéfices et dividendes aux détenteurs étrangers de ses bureaux et usines. Techniquement, le PNB (produit national brut), dont disposent véritablement les Irlandais, se retrouve ainsi de 20 % inférieur au PIB.

Cerise sur le gâteau : l’euro ne permet même pas d’éviter à l’Irlande de devoir payer des taux d’intérêt exorbitants sur sa dette publique. Les taux d’intérêt à dix ans en Irlande ou en Grèce sont actuellement près de deux fois plus élevés qu’en Allemagne (5,7 % contre 3,1 %), phénomène tout à fait anormal s’agissant de pays partageant la même monnaie, et qui montre que les marchés spéculent sur une banqueroute de ces pays, voire une explosion de l’union monétaire. En injectant des aides financières d’urgence, comme cela a déjà été fait en Hongrie, le FMI est certes outillé pour éteindre provisoirement ce type d’incendie.

Mais seule l’Union européenne peut espérer avoir la légitimité politique pour traiter les causes qui ont mené à ces désastres. En gros, le deal devrait être le suivant : l’Union garantit la stabilité financière de la zone, et vient en aide aux petits pays si nécessaire ; mais en contrepartie ces derniers renoncent à leur stratégie de dumping fiscal, avec par exemple des taux d’imposition des bénéfices minimaux de l’ordre de 30 % - 40 %. Après avoir accepté de renoncer à leur souveraineté monétaire les petits et les grands pays devront ainsi accepter de renoncer à leur souveraineté fiscale. Toutes les autres solutions sont bancales. Bâtir une union monétaire sans gouvernement économique était déjà risqué par temps calme. Mais face à une crise majeure, le risque d’effondrement général doit être pris au sérieux.

Thomas Piketty, directeur d’études à l’EHESS et professeur à l’Ecole d’économie de Paris. Libération, 14 avril 2009

 

Attac Châtellerault : réunion du 11 mars

rubon1.jpgCompte-rendu réunion  du 11 mars 2009.

1. Soirée sur la Palestine : Organisée par la LDH et plusieurs associations d’Ozon : soirée sur la Palestine : le vendredi 24 avril à la Gornière. Attac s’associe à ce projet .

2. Ciné-débat aux "400 coups" L’association « Culture pour tous »  organise,  avec le soutien de la CGT et d’Attac, une soirée avec la projection du film : « Qu’elle était belle mon usine.. ! » jeudi 19 mars, 20h30 aux "400 coups". C’est un document sur la fermeture de l’usine Michelin de Poitiers en 2005. Le film sera suivi d’un débat avec le réalisateur  et la CGT-Michelin.

 3. Dossier eau : Suite à l’annonce du SIVEER sur l’augmentation du tarif de l’eau pour 2009, nous avons rédigé un communiqué de presse. Il a été envoyé aux journaux locaux :

- petit article sur Centre-Presse, article intéressant sur la N.R.

- aux 5 partis politiques de la municipalité.

Suite à la réaction de Philippe Rabit sur la N.R,  nous décidons de lui répondre par la presse.

4. Réunion Attac Vienne : Rencontre des comités locaux  Poitiers et  Châtellerault  le  24 février. Points abordés : la situation financière ; projet d’une formation commune sur la crise, (vendredi soir et samedi matin)  au mois d’avril ; document commun pour relancer les adhérents ; aide du groupe de Poitiers pour les tirages de tracts et d’affiches à des prix intéressants.

5. Conférence-débat avec JM  Harribey : Elle aura lieu à la Maison pour tous, Rue Creusé à Châtellerault, dans le quartier de Châteauneuf le jeudi 9 avril à 20h30, sur le thème : La crise, quelle réponse de l’Europe ?

Prochaines rencontres : mercredi 1er avril à 17 h chez Gaby et Mado, mercredi 6 mai à 20h30. salle Camille Pagé, mercredi 3 juin à 20h30. salle Camille Pagé

20.04.2009

Les chiffres de la dette 2009

Le CADTM publie « Les chiffres de la dette 2009 » dont on pourra prendre connaissance ici.

TAP_les_chiffres_de_la_dette.pdf

On peut aussi acquérir l’ouvrage « 60 Questions 60 Réponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale ».

Indépendamment de l’intérêt de disposer, en permanence, des informations qui figurent dans ce document, c’est un moyen de soutenir financièrement une ONG qui se dépense beaucoup.

 

19.04.2009

Les prévisions de la FED et du FOMC

Pierre Dac n’a jamais été distingué par la banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel, pourtant son « Les prévisions sont difficiles, surtout lorsqu’elles concernent l’avenir » mérite véritablement d’être médité !

Vers une stabilisation de l’économie américaine

Le PIB des États-Unis devrait voir sa chute ralentir et se stabiliser au 2e semestre 2009, avant de "« progresser lentement »" en 2010, estimaient les responsables de la banque centrale américaine (Fed) lors de leur réunion des 17-18 mars, dont les minutes ont été publiées mercredi. Le document note malgré tout que l’incertitude est encore grande concernant l’avenir. "« La plupart des participants »" à la réunion estimaient qu’à court terme les risques de dégradation de la conjoncture "« prédominaient »". Les minutes ne fournissent pas de prévisions de croissance chiffrées. Les dernières en date ont été publiées en février avec les minutes de la réunion du comité de politique monétaire (FOMC) de janvier. Les dirigeants tablaient alors sur une contraction du PIB comprise entre 0,5% et 1,3% en 2009 et une reprise de 2,5% à 3,3% en 2010 aux États-Unis. Mais lors de leur réunion de mars, "« presque tous les participants ont dit que la conjoncture s’était détériorée par rapport aux attentes qui étaient les leurs en janvier »", indiquent les minutes.

A cette réunion, les membres du FOMC sont tombés d’accord pour dire que des rachats supplémentaires d’actifs à long terme étaient nécessaires pour tenter de compenser une chute de l’activité dans tous les secteurs.

FOMC, acronyme de Federal open market committee, est composé de représentants du système des banques centrales et de réserve des États-Unis

Le Monde, 9 avril 2009

Indispensable réforme du système financier mondial

L’ampleur dramatique de cette crise, qui sera durement ressentie par les nations les plus fragiles, montre qu’on ne peut se contenter de réformes cosmétiques, avertit Joseph Stiglitz. Il est urgent, dit-il, de refonder le système financier international et de l’ouvrir au pays émergents. Des institutions nouvelles devront être créées, de même qu’une devise de réserve internationale, ce qui aurait pour effet immédiat d’affranchir les pays émergents de l’obligation d’amasser des piles de dollars sous la forme de bons du Trésor US afin de se constituer des réserves de changes qui seraient plus utilement employées à financer leur développement. Joseph Stiglitz présente ici les principales conclusions de la commission d’experts rassemblés sous l’égide des Nations Unies.

Par Joseph Stiglitz, The Guardian, 27 mars 2009

La crise financière qui a débuté aux Etats-Unis sur le marché des subprimes s’est désormais transformée en une récession mondiale - avec une croissance qui devrait être négative de 1,5%, soit la pire valeur depuis la Grande Dépression. Même les pays qui ont agit correctement subissent une baisse marquée de leurs taux de croissance, voire une profonde récession. Et les douleurs seront ressenties de façon bien plus aiguës par les pays en développement.
La commission d’experts des Nations Unies sur les réformes du système monétaire et financier international, que je préside, vient de publier son rapport préliminaire. Il se concentre en particulier sur l’impact, pouvant être grave, qu’aura cette crise sur les pays en développement et les populations pauvres partout dans le monde. On estime que 30 millions de personnes supplémentaires seront au chômage en 2009 par rapport à 2007. Le nombre de chômeurs supplémentaires pourrait même atteindre 50 millions. Les progrès réalisés dans la réduction de la pauvreté pourraient être interrompus. Le rapport avertit que : « quelques 200 millions de personnes, surtout dans les économies en développement, pourraient être entraînées vers la pauvreté si des mesures ne sont pas rapidement prises pour contrer l’impact de la crise. »
Bien qu’il s’agisse d’une crise mondiale, les mesures sont prises par les gouvernements nationaux, qui, tout naturellement se préoccupent d’abord de l’intérêt de leurs citoyens. Les mesures protectionnistes, comme le « buy America » du plan de relance des États-Unis sont particulièrement injustes. De fait, la Banque mondiale indique que 17 pays du groupe des 20 ont utilisé des mesures protectionnistes, après s’être engagés à ne pas le faire lors de leur réunion à Washington en Novembre. En se concentrant sur les impactes nationaux, plutôt que sur les impacts globaux, la relance sera moindre - et la reprise mondiale affaiblie.
Bien qu’il existe un consensus sur le fait que tous les pays doivent prendre des mesures de relance budgétaire fortes, de nombreux pays en développement n’en ont pas les moyens, et appellent à la mise en œuvre d’une approche concertée de financement supplémentaire, tant pour soutenir les dépenses que pour maintenir l’accès à la liquidité pour les nations et les entreprises des pays en développement qui sont touchées par le resserrement du crédit à l’heure actuelle. Les pays développés devraient contribuer de 1% aux dépenses de relance. Il devrait y avoir immédiatement une émissions de droits de tirage spéciaux (DTS), cet « argent du FMI » qui peut être utilisé en particulier pour aider ceux qui sont confrontés à des difficultés, et pour favoriser les efforts régionaux, tels que l’initiative Chiang Mai en Asie. []
Il est important que toute aide soit fournie sans les habituelles contraintes associées. Des conditions telles que celles qui obligent les pays en développement à réduire leurs dépenses et à augmenter les taux d’intérêt sont contreproductives : l’objectif de cette assistance est de les aider à développer leurs économies, ce qui devrait contribuer à la reprise mondiale. Les déficiences des règles institutionnelles pour l’octroi de ces fonds - par exemple, par l’intermédiaire du FMI - sont connues depuis longtemps, mais les réformes à ce jour sont insuffisantes. Les pays disposant de fonds sont souvent réticents à donner de l’argent à des institutions dans lesquelles ils n’ont que peu de poids, et qui ont préconisé des politiques qu’ils ne soutiennent pas, et ceux qui veulent emprunter sont souvent réticents à le faire, étant donné la stigmatisation associée à l’appel à ces institutions. La commission demande instamment la création d’une nouvelle facilité de crédit, dans laquelle la voix des nouveaux prêteurs et emprunteurs seraient toutes deux mieux entendues.
Il y a plusieurs leçons importantes à tirer de la crise. La première est qu’il existe un besoin de meilleure réglementation. Mais les réformes ne peuvent pas être seulement cosmétiques, et elles doivent aller au-delà du secteur financier. Une application insuffisante des lois sur la concurrence a permis aux banques de se développer au point de devenir trop grosses pour être laissées faillir. L’insuffisance de la gouvernance d’entreprise a abouti à des systèmes d’incitations qui ont conduit à une prise de risque excessive et à des comportements à courte vue, qui n’ont même pas servi les intérêts des actionnaires.
La Commission recommande la création d’un Conseil de Coordination de l’Economie Mondiale, non seulement pour coordonner la politique économique, mais aussi pour évaluer la situation économique, identifier les lacunes dans l’ensemble du dispositif institutionnel, et proposer des solutions. Par exemple, il est nécessaire de disposer d’une Autorité de Réglementation Financière Mondiale - sans laquelle il existe un risque d’arbitrage réglementaire [], ce qui compromet la réglementation, et entraîne une course au moins disant. Il est nécessaire d’instituer une Autorité Mondiale de la Compétition, car les marchés sont d’envergure mondiale. Il y a nécessité de mettre en place une meilleure méthode pour traiter les défaillances de pays, dont plusieurs pourraient survenir durant de cette crise. Et il est nécessaire de disposer de meilleures approches dans la gestion des nombreux risques que rencontrent les pays en développement, en particulier concernant la dette et la gestion du compte de capital.
L’autre importante recommandation de la Commission concerne la création d’un nouveau système mondial de réserves. Le système existant, avec le dollar américain comme monnaie de réserve, se détériore. Le dollar a été très instable. Il existe de plus en plus d’inquiétudes sur les risques inflationnistes futurs. Par ailleurs, la mise en réserve de sommes aussi importantes chaque année pour protéger les pays contre les risques d’instabilité mondiale crée un distorsion baissière de la demande globale, ce qui affaiblit l’économie mondiale. En outre, le système présente cette caractéristique bien singulière qui est que les pays pauvres prêtent des milliers de milliards de dollars aux États-Unis, essentiellement à taux zéro, alors que dans leur pays, existent tant de besoins auxquels cet argent pourrait être affecté. La Commission fait valoir que le nouveau système mondial de réserves est « possible, non-inflationniste, et pourrait être facilement mis en œuvre ».
Après la crise de l’Est Asiatique, on a beaucoup parlé de réforme, d’une nouvelle architecture financière mondiale. Mais ce n’étaient que des paroles, et lorsque l’économie mondiale a redémarré, cette dynamique de réforme s’est évanouie. Il s’agit aujourd’hui d’une crise plus grave, qui durera plus longtemps. Espérons que, cette fois, nous en tirerons des enseignements.
Sur le web :
Rapport de la commission Stiglitz : Recommendations by the Commission of Experts of the President of the General Assembly on reforms of the international monetary and financial system (pdf)

Publication originale The Guardian, traduction Contre Info

 

16.04.2009

Parcours de migrants

Voici une proposition d'intervention auprès d'un public scolaire, de centre socioculturel ou autre association. De 14 ans à 99 ans.

 
Parcours de migrants

A vous de rentrer dans la peau d’un demandeur d’asile congolais, d’une étudiante chinoise, d’une famille roumaine ou d’un paysan algérien  désirant vivre en France ! Vous découvrirez  les étapes difficiles que le migrant  doit franchir. Vous comprendrez les raisons pour lesquelles un migrant décide, un jour de tout laisser.

Ce jeu interactif permet d’approfondir les connaissances de l’élève sur les migrations actuelles et s’inscrit dans la lutte contre le racisme.

Image Jeu.jpg

Le Parcours des Migrants est disponible toute l’année de la Troisième à la Terminale, animé par le Toit du Monde.

Coût de l’intervention : 50 € (40 € à partir de 2)+ frais de transport

Renseignements  auprès d’Isabelle Lucas au 05 49  41  13  40 ou culture@toitdumonde-csc86.org ou sur le site : www.toit-du-monde.net

A bientôt

L'équipe du Toit du Monde à Poitiers

 

14.04.2009

Résistances…

 

resistances1_marc.gifCycle épique en 7 épisodes…

Personnages imaginaires cherchent aventure collective dans la vie réelle...

Fragments de mémoire cherchent caisse de résonance universelle...
Auteur-interprète cherche engagement total dans un projet fou...
Et que tout ça fasse rire et pleurer, donne envie de parler et de se battre, bouscule les frontières entre les arts avec énergie, dérision, violence et tendresse...

C'est tout ça, Résistances.

C'est d'abord une saga familiale, inspirée des séries littéraires et audio-visuelles: on suit l'aventure d'une famille imaginaire de 1917 à 2000, d'un Poilu paysan à son arrière-petite-fille comédienne, en passant par quelques-uns des grands moments d'utopie et de combat du XXème siècle.

C'est ensuite une oeuvre à la fois profondément personnelle et ancrée dans son époque.
Elle met en jeu la généalogie réelle de l'auteur comme un appel à l'histoire de tous, au cours d'un siècle auquel chacun d'entre nous a encore accès par une mémoire directe.
Parole singulière, elle voit le jour à un moment où le mot « résistances » sort de son contexte historique pour faire à nouveau irruption dans le monde contemporain.

C'est enfin une forme originale: sept spectacles sur sept ans, créés de 2006 à 2012, sept moments historiques et sept formes de résistance, par un conteur à l'énergie foisonnante, comme un combat, comme une mise à nu déroutante et pourtant d'une infinie pudeur.

Et, tout en s'inscrivant dans le cycle, chacun de ces spectacles est une recherche: les formes varient, s'équilibrent et se déséquilibrent chaque fois différemment entre conte et théâtre, slam et chanson. La musique y est sans cesse en mouvement, joyeux mix de violoncelle et de guitare électrique, samples, gongs et carillons, tour à tour tendre, tragique ou parodique, enfantine ou implacable, comme une sensuelle deuxième voix pour un même récit.

Où est la limite ? A partir de quand bascule-t-on de la colère, de l'indignation, à la résistance? Spectaculaire et intime, bavard et généreux, brûlant d'amour, Résistances entremêle passé et présent pour nous questionner sur notre résistance d'aujourd'hui, raconter la grande Histoire à hauteur d'homme, et transformer par la seule parole des anonymes en héros.

Episode 1: Marc, 1917
Episode 2: Amélie, 1936
Episode 3: Tristan, 1938
Episode 4: Inès, 1943
Episode 5: Joseph ,1961
Episode 6: Anne-Marie, 1975
Episode 7: Eloïse, 200...?

Plus d'infos sur : http://cycleresistances.free.fr/

C'est à Cap Sud à Poitiers :

- 15 avril à 20 h 30 : Résistances 1

- 16 avril à 20 h 30 : Résistances 2

- 17 avril à 20 h 30 : Résistances 3

- 18 avril à 20 h 30 : Résistances 4

13.04.2009

ATTAC Poitiers : réunion du 10 mars

 

rubon1.jpg1.  La Tribouille : Bilan de participation.
  Il y a eu 128 entrées payantes. La soirée est déficitaire. A noter qu’une classe de 30 élèves a du se décommander. La compagnie "La Tribouille" pourrait revenir à Poitiers en fin d'année : à suivre donc…

2. Europe.
  Nous donnons au moins deux raisons d’accorder de l’importance à ces élections : Même si la représentation est insuffisamment démocratique, aucune voix de gauche ne doit être négligée. Elle peut par exemple faire entendre que 53% d’Irlandais manifestant un désaccord, ça exige un nouveau vote, alors que 53% de voix pour l’élection d’un président, ça ne se discute pas.
 En second lieu, il serait intéressant de réfléchir à la situation nouvelle : L’Europe va gérer la période de crise actuelle en « respectant » comme elle le pourra, les contraintes du traité de Lisbonne. Une autre constitution où les aspirations des peuples seraient prises en compte ne conduirait pas à la même « gestion de la crise ». 
(La soirée  «  l’Europe face à la crise » Jeudi 9 avril à 20h30 avec Jean-Marie Harribey, économiste et coprésident d’ATTAC a réuni plus de 60 personnes à l'invitation d'Attac Châtellerault)
  D'autre part, nous comptons organiser à Poitiers une soirée de ce type en mai-juin avec un temps de formation sur les enjeux des élections européennes et les conséquences de la crise sur le plan institutionnel.
 Note : Attac-France et les Attac d’Europe précisent et préciseront leurs positions sur ce que devrait être le cadre d’une démocratie et d’une politique Européenne. (Nous vous renvoyons au site d’Attac pour cela). Il y a de quoi interpeller les partis avant les élections.
Sur le blog d'Attac 86 et sur le site national, vous trouverez 2 documents : "L'Europe sociale que nous voulons" et "Face à la crise, changeons l'Union européenne". Ils sont également en fichier joint ci-dessous.

3. Rencontre Attac Poitiers/Châtellerault
Elle s'est déroulée le 24 février. Il a été question :
- de mutualiser la part des cotisations reversée par le national, (répartir en 3/3 : Châtellerault, Poitiers et une part départementale pour des dépenses communes)
- de mieux faire connaître (et participer) aux initiatives des uns et des autres,
- nous avons fait le bilan de nos initiatives locales respectives,
- dans le cadre de la campagne Europe, nous avons décidé d'interpeller les différentes listes de la circonscription "Grand-Ouest" sur des questions posées par Attac au plan national.

4. Nous avons reporté à une prochaine séance, l’étude de textes sur l’économie, la crise, le revenu d’existence.

 

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