29.03.2009

En pleine crise du capitalisme, vers un G20 pour rien

 

rue89_logo.gifTribune libre publié sur le site de Rue 89, (http://www.rue89.com/2009/03/28/en-pleine-crise-du-capitalisme-vers-un-g20-pour-rien) par Aurélie Trouvé et Jean-Marie Harribey, co-présidents d'Attac France.

 

C'est comme un devoir en classe, pour lequel les élèves n'ont rien révisé. Bien embêtés, ils rendent page blanche ou tentent de masquer leur panne sèche par des grandes phrases qui ne veulent rien dire. Jeudi, le sujet sera la crise du système capitaliste et les changements qui s'imposent.

Les 20 élèves, sans vision politique globale, sans volonté de remettre en cause le système actuel ayant engendré la crise, ne produiront certainement rien de décisif. 

Les citoyens victimes de cette crise ne pourront sans doute que leur accorder un zéro pointé. Et espérons qu'ils se fâchent pour de bon.

La même copie que pour le dernier G20 ?

Tout laisse à penser que le prochain sommet du G20 ne sera que la reproduction de celui du 15 novembre dernier :  aucun engagement concret et le maintien des règles internationales qui ont favorisé le développement de la crise.

Aucune vision politique globale ne se dégage, mais plutôt deux positions partielles et insuffisantes : 

  • Les Anglo-Saxons plaident pour de vastes plans de relance économique. Mais qui seront les bénéficiaires ? Pour quels types d'activités ?

     

    Au nom d'une croissance renouvelée, les dernières décisions et déclarations de ces gouvernements tendent à poursuivre la socialisation des pertes, le sauvetage des grandes banques et entreprises sans contrepartie, et le soutien des industries polluantes.

    Ces pays insistent surtout sur la nécessité de ne pas trop réguler les marchés financiers, dévoilant leur volonté de maintenir les bénéfices des détenteurs de capitaux et de ne pas pénaliser les fauteurs de crise.

  • Les pays, Allemagne et France en tête, qui penchent du côté d'une régulation (modeste) de la finance, et refusent tout déblocage massif de fonds publics face à la crise. Le serrage de ceinture reste de mise.

Sans doute la situation serait-elle complètement différente si on avait bien voulu mixer les vingt élèves les plus riches avec les autres.

Le G20 remplace peu à peu le G7/8 à la direction de l'économie mondiale, mais il n'est pas plus légitime :  la représentation des pays reste fondée sur leur puissance économique, en excluant tous les pays pauvres et des régions entières. Ainsi, la seule Afrique du Sud représentera l'Afrique.

A l'opposé d'une telle vision, le G77 a demandé qu'une réponse à la crise financière se fasse d'abord dans le cadre des Nations unies. Si tant est que l'ONU soit dotée des moyens politiques nécessaires, ce que lui refusent toujours les pays riches.

Dans les faits, une poignée de pays s'est octroyée le droit de décider de l'avenir du monde. Pire, derrière la façade du G20, seuls onze pays font visiblement partie de ce club très sélect :  selon le Financial Times, le gouvernement britannique a établi une liste de onze pays du G20 à courtiser prioritairement dans l'optique du prochain sommet du G20.

Quelques idées intéressantes... immédiatement contredites

Le G20 finances a bien tenté des recommandations sur un contrôle (un peu moins restreint) des hedge funds et des agences de notation financière.

Ils indiquent également s'être « mis d'accord sur l'identification des territoires non coopératifs par les organismes internationaux compétents et la mise au point d'une boîte à outils de contre-mesures efficaces ».

Autant de formules polies pour désigner les paradis fiscaux et judiciaires. Dans la foulée, plusieurs de ces paradis se sont engagés à renforcer l'échange d'informations avec d'autres pays.

Mais on reste loin de la levée du secret bancaire :  l'échange d'informations ne se ferait qu'au « cas par cas » et sur « demande concrète et justifiée » (dixit le gouvernement suisse).

C'est surtout sans compter sur les intérêts et le lobbying bruxellois et des multinationales de tous poils. Le Premier ministre tchèque, Mirek Topolanek, qui préside l'Union européenne, les a d'ailleurs rassurés :  « Nous allons soutenir le Luxembourg. »

La Chine, soutenue par la Russie, a tenté pour sa part de poser la question d'une nouvelle monnaie de réserve internationale, mettant fin à l'hégémonie du dollar et à ses perversions.

Mais là encore, pas question de toucher à la sacro-sainte suprématie des États-Unis. Barack Obama le déclare dans Le Monde du 24 mars :  « Les États-Unis sont prêts à assumer leur leadership », et le Premier ministre britannique Gordon Brown, hôte du sommet du G20, copie docilement sur son voisin :  les monnaies de réserve ne seront pas un grand sujet de débat à cette réunion.

La même erreur, toujours et encore :  le refus de partager les richesses

Une logique domine :  le maintien des bénéfices des détenteurs de capitaux. Et pour cela, continuer d'appliquer la loi du marché. La déclaration conclusive du sommet précédent du G20 le confirme : 

« Notre travail sera guidé par une croyance partagée dans les principes du marché et de l'ouverture des frontières au commerce et aux investissements. »

 

Tous les pays du G20 se sont prononcés pour une conclusion au plus vite du cycle de négociations commerciales de l'Organisation mondiale du commerce.

La libéralisation des marchés de biens et services pourra donc continuer à nourrir les profits des détenteurs de capitaux :  par une mise en concurrence généralisée, les règles sociales et environnementales sont nivelées vers le bas, les travailleurs et la nature peuvent être exploités avec des facilités toujours plus grandes et la privatisation de tous les secteurs vient répondre aux appétits croissants des actionnaires.

Dans ce règne du marché, la solidarité est complètement absente. Le dernier conseil des ministres des finances européens Ecofin a certes décidé d'une participation plus importante des pays de l'Union européenne au Fonds monétaire international, en particulier pour « sauver » les pays de l'Est en faillite.

Mais cette aide ne sera pas dépourvue d'intérêts, puisqu'elle sera assortie de conditions drastiques, passant notamment par une réduction des salaires des fonctionnaires en Irlande, Lettonie, Lituanie, Hongrie...

Nul doute que les conditions seront les mêmes pour les pays du Sud. Après le repenti tonitruant de la Banque mondiale qui, en pleine crise alimentaire mondiale, reconnaissait ses erreurs, va-t-on revivre les dégâts des plans d'ajustement structurel ?

Un zéro pointé... et après ?

Face à l'irresponsabilité des dirigeants du monde, d'autres voix émergent. L'idéologie néolibérale est fissurée et l'explosion des inégalités sociales amène de plus en plus de citoyens à réclamer des comptes.

Des mesures urgentes sont à prendre et ne dépendent que d'une volonté politique des États : 

  • la suppression des paradis fiscaux et judiciaires, qui drainent la moitié des transactions financières internationales, entretiennent l'opacité et l'instabilité du système financier et confisquent des ressources fiscales indispensables aux Etats
  • la création de taxes globales (sur les transactions financières, les activités polluantes...) pour financer les énormes besoins sociaux et environnementaux
  • le plafonnement des hauts revenus et une redistribution des richesses
  • plus largement, une mise sous contrôle démocratique du système bancaire et financier.

A plus long terme, se pose la question d'un nouveau projet de société, fondé sur l'accès de tous les êtres humains aux droits fondamentaux.

Un tel projet nécessite la soustraction des biens publics à la logique de profit et donc un contrôle et une gestion démocratiques par la collectivité :  à commencer par la monnaie. C'est là tout l'enjeu du mouvement altermondialiste.

C'est sur ces bases que nous nous sommes retrouvés ce samedi pour une journée d'action mondiale face au G20, dans des centaines de villes dans le monde, et à Paris place de l'Opéra.

 

La crise pour les nuls

 

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A mettre dans votre agenda :

rubon1.jpg- lundi 30 mars : 

- A 17 h 00, conférence débat avec Gabriel Mouesca, président de la section française de l'Observatoire international des prisons, sur le projet de Loi pénitentiaire et la situation carcérale française Faculté de droit de Poitiers, 43, place Charles de Gaulle, amphi Hardoin. 

- A 20 h 00, projection du documentaire : Prisons, la Honte de la république, suivie d'un débat avec Gabriel Mouesca, à la Maison du peuple, Poitiers (Salle Jouhaud). 

Entrée libre et gratuite

- mardi 31 mars : rassemblement et manifestation à Châtellerault, pour accueillir comme il se doit notre souverain poncif. Rendez-vous à 9 h, à côté de la salle omnisports. (en face d'Auchan, Châtellerault sud) Co- voiturage possible au départ de Poitiers.

- mercredi 1er avril à 20 h 00 : (Repaire "Là-bas si j’y suis" à Poitiers) L’état détruit peu à peu le mouvement associatif. 

Le repaire de Poitiers vous invite à :

- la projection d’une vidéo retraçant la naissance du Toit du Monde (15 mn)

- débattre avec des membres d’association (Toit du monde, Planning familial..), sur la situation actuelle de désengagement de l’Etat et comment faire face à ces menaces et sauver les actions ?

- participer à la réflexion sur les alternatives possibles du monde associatif.

Au café A Minima, 159 Grand Rue, Poitiers

 

- jeudi 09 avril 2009 à 20 h 30 : "La crise financière, ses conséquences, incohérence avec le projet européen. Quelle autre politique européenne ?" Conférence-débat avec Jean-Marie Harribey (co-président d'ATTAC), professeur d'économie à l'université de Bordeaux. A l'initiative d'Attac Châtellerault, Maison pour tous, 3 rue Creuzet (quartier de Châteauneuf)

 

- Jeudi 9 avril à 20 h 30 : Economie : au service de quels projets de société ?

Nous sommes aujourd’hui contraints de penser globalement les impacts sociaux et environnementaux de nos comportements économiques, aussi modestes soient-ils. La peur du lendemain, l’insécurité sociale marquent souvent notre résignation : il n’est pas facile d'échapper à une schizophrénie ambiante, de résister au conditionnement du « tout jetable » d’un système de consommation qui nous promet la lune à bas prix tous les jours, au prix de factures sociales et écologiques de plus en plus lourdes, qui finalement n'épargnent plus personne.

Quand les mots sont usés, rendre visible ce que le modèle économique dominant tente de nous masquer n'est pas un exercice facile. Changer de mode de développement sans utiliser toujours le travail et le vivant comme variables d'ajustement, passe inévitablement par l'examen de nos rapports marchands. Cela passe par la compréhension que derrière un prix, il y a des coûts, des filières économiques, des savoir-faire, des métiers, des êtres humains, des écosystèmes.

Autour de la projection du film documentaire « Tous comptes faits », et en présence de sa réalisatrice Agnès Denis, l'association MINGA et la librairie La Belle Aventure  vous invitent à venir réfléchir et débattre : comment nos activités commerciales et nos modes de consommation peuvent-ils réinterroger nos projets de société ?

Au TAP cinéma de Poitiers, place Maréchal Leclerc. Entrée gratuite

 

- Du 9 avril 2009 au 11 avril 2009 : Festival Raisons d'Agir 2009 « J’ai rêvé d’un autre monde » luttes, espérances, utopies

au cinéma Le Dietrich et à l'Espace Mendès France, Poitiers. Entrée libre et gratuite, sauf séance du 10 au Dietrich : 4€.

Festival Raisons d’agir 2009 organisé par l’association Raisons d’Agir Poitiers, L’AssocioLa Famille digitale et les Yeux d’Izo, en partenariat avec l’association Pour Politis, le cinéma Le Dietrich, l’espace Mendès France, avec le soutien financier de l’université de Poitiers, de la ville de Poitiers et de la région Poitou-Charentes.

Après trois éditions consacrées aux rapport des classes populaires au politique en 2006, au travail en 2007 et à mai 1968 en 2008, le festival abordera cette année la question des espérances politiques et des expériences « utopiques », question moins travaillée en sciences sociales, et en ce sens plus novatrice, mais aussi pleinement d’actualité (si l’on prend par exemple comme indicateur ce qui se joue dans les formes actuelles de politisation de la jeunesse) et dont on peut penser qu’elle bénéficiera pleinement du croisement entre le regard des écrivains, celui des sociologues ou historiens et celui des documentaristes.

Programme complet sur : http://maison-des-sciences.org/3424/festival-raisons-agir-2009/

 

28.03.2009

Du processus de Bologne à la L.R.U., une catastrophe annoncée

rubon1050-c7fce.jpgTout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les relations entre l’Europe, l’ERT, l’OCDE, l’OMC, le processus de Bologne, la stratégie de Lisbonne et la marchandisation de la connaissance à l’échelle européenne et mondiale...

 

Du processus de Bologne à la loi L.R.U, une catastrophe annoncée. Une conférence de Geneviève Azam, MCF en économie à Toulouse II, membre du conseil scientifique d’Attac, qui s’est tenue le lundi 23 mars 2009 à l’Université de Toulouse 2 le Mirail. Cette conférence à été initiée par l’Assemblée Générale des personnels de Toulouse 2 et était ouverte aux étudiants, Biatos, enseignant et enseignants chercheurs.
A voir sur le site : http://www.france.attac.org/spip.php?article9755

 

Le FMI est de retour

 

rubon1.jpgLa stratégie du choc
Il y a quelques mois, tous les commentateurs "avisés" évoquaient un Fonds monétaire international (FMI) en crise, voire à l’agonie. Mais, tel le phénix, le FMI vient de renaître de ses cendres, pour le plus grand bonheur des néolibéraux et pour le plus grand malheur des peuples. Et si finalement la crise actuelle débouchait sur le renforcement de la stratégie mise en place depuis plusieurs décennies, cette "stratégie du choc" si bien décrite par Naomi Klein ?

Plusieurs pays européens ont déjà demandé l’aide financière du FMI et l’ont obtenue. Certains d’entre eux n’appartiennent pas à l’Union européenne (Islande, Ukraine, Géorgie, Serbie), d’autres font partie des nouveaux États membres ayant rejoint l’Union en 2004 ou en 2007 : c’est le cas de la Hongrie, de la Lettonie, et plus récemment de la Roumanie.

Nul ne peut contester que ces pays ont besoin d’aide. Seulement, le FMI n’a rien changé à ses remèdes de cheval, ceux-là mêmes qui ont conduit à la ruine ses meilleurs élèves il y a quelques années (l’Argentine en est l’exemple le plus spectaculaire). L’aide du Fonds est en effet conditionnée à la mise en place de plans d’austérité destinés à "assainir" le budget des États par des coupes sombres dans les dépenses publiques. Jeffrey Franks, négociateur du plan de "soutien" à la Roumanie, souligne que "le gouvernement roumain ne peut plus se permettre le luxe d’un déficit important". Et que, dans ces conditions, il importe de mettre en place une "réforme du système des salaires dans le secteur public", dont la facture aurait doublé ces quatre dernières années, ainsi que du système des retraites, qui exerce une "pression énorme" sur le budget. Jeffrey Franks appelle cela des "conditions ambitieuses mais réalistes" !

En Hongrie, ce sont également les retraites qu’on met au banc des accusés. Selon le FMI, c’est l’absence d’une réforme du système des retraites qui a vidé les caisses de l’État. Honte à la Hongrie, où les retraites auraient absorbé près de 10 % du PIB, et où on versait même un treizième mois aux retraités ! Le docteur FMI va modifier tout ça. Et puis, comme le dit le ministre des finances hongrois, "la grande leçon à tirer des dernières années est qu’il faut oublier la hausse ambitieuse des dépenses sociales et le financement du niveau de vie de la société par des crédits".

Quant à la Lettonie, qui avait connu ces dernières années une croissance aussi spectaculaire qu’artificielle, le soufflet est retombé, et là aussi ce sont les fonctionnaires qui en font les frais, avec une amputation de 15 % de leurs rémunérations, dont les observateurs estiment qu’elle ne va pas tarder à s’étendre au secteur privé. En outre, les Lettons ont vu leur taux de TVA (l’impôt le plus injuste qui soit) grimper à 21 %.

Qu’il soit dirigé par un ultra-conservateur comme Camdessus ou par un pseudo-socialiste comme Strauss-Kahn, le FMI ne change pas. Et on frémit à l’idée que le G20 entend lui donner plus d’argent et plus de pouvoirs. Le seul espoir pour les peuples consiste à manifester leur colère et à se révolter. "Nous ne paierons pas pour leurs crises", tel est le cri qui doit tous nous unir en cette période où le pire est encore à venir, si nous ne faisons rien.

 

27.03.2009

Ce n’est pas responsable et ce n’est pas honnête

 

rubon1.jpgLe Président Sarkozy a prononcé un discours le 24 mars à Saint-Quentin, dans lequel revenait comme un leitmotiv "ce n’est pas responsable et ce n’est pas honnête". Il ne croit pas si bien dire.
Se faire élire sur le slogan « travailler plus pour gagner plus » et organiser le « travailler plus pour gagner moins », ce n’est pas responsable et ce n’est pas honnête.
S’asseoir, à peine élu, sur une décision majoritaire du peuple français concernant un traité européen et imposer de force celui-ci, ce n’est pas responsable et ce n’est pas honnête.
Vanter les mérites du crédit hypothécaire alors qu’il avait commencé à produire des dégâts, ce n’est pas responsable et ce n’est pas honnête.
Appeler à la moralisation du capitalisme et doubler ou tripler son propre salaire, ce n’est pas responsable et ce n’est pas honnête.
Dénoncer les patrons voyous et se la couler douce dans leurs yachts, ce n’est pas responsable et ce n’est pas honnête.
Vitupérer après les revenus exorbitants des grands patrons et inventer pour eux le bouclier fiscal, ce n’est pas responsable et ce n’est pas honnête.
Sauver les banquiers fautifs à coups de milliards et refuser d’augmenter le SMIC et les minima sociaux, ce n’est pas responsable et ce n’est pas honnête.
Se scandaliser de l’existence de paradis fiscaux et laisser dire au Premier ministre que la Suisse n’est pas un paradis fiscal, ce n’est pas responsable et ce n’est pas honnête.
Jurer d’aller chercher la croissance avec les dents et faire mordre la poussière à l’économie, ce n’est pas responsable et ce n’est pas honnête.
Relancer l’économie sans se demander ce qu’il faudrait vraiment promouvoir, ce n’est pas responsable et ce n’est pas honnête.
Adresser à un citoyen l’injure « casse-toi, pauvre con ! », ce n’est pas responsable et ce n’est pas honnête.
Virer un préfet parce que des citoyens révoltés ont commis une manifestation de lèse-majesté, ce n’est pas responsable et ce n’est pas honnête.
Délabrer l’enseignement supérieur et la recherche et tenir des propos méprisants sur les enseignants et chercheurs, ce n’est pas responsable et ce n’est pas honnête.
Supprimer des postes de professeurs des écoles formés pour venir en aide aux élèves et les remplacer par des vacataires non formés, ce n’est pas responsable et ce n’est pas honnête.
Fixer aux policiers des normes chiffrées de retours à la frontière et de procès-verbaux, ce n’est pas responsable et ce n’est pas honnête.Nommer les directeurs de chaînes de télévision et de radio publiques, ce n’est pas responsable et ce n’est pas honnête.Supprimer les juges d’instruction pour donner plus de pouvoir au parquet, ce n’est pas responsable et ce n’est pas honnête.Faire des fautes de français et d’orthographe, ce n’est pas digne d’un responsable et d’un « honnête homme ».

 

21.03.2009

« J’ai rêvé d’un autre monde » luttes, espérances, utopies

Festival Raisons d’agir 2009 organisé par l’association Raisons d’Agir Poitiers, L’AssocioLa Famille digitale et les Yeux d’Izo, en partenariat avec l’association Pour Politis, le cinéma Le Dietrich, l’espace Mendès France, avec le soutien financier de l’université de Poitiers, de la ville de Poitiers et de la région Poitou-Charentes.

Après trois éditions consacrées aux rapport des classes populaires au politique en 2006, au travail en 2007 et à mai 1968 en 2008, le festival abordera cette année la question des espérances politiques et des expériences « utopiques », question moins travaillée en sciences sociales, et en ce sens plus novatrice, mais aussi pleinement d’actualité (si l’on prend par exemple comme indicateur ce qui se joue dans les formes actuelles de politisation de la jeunesse) et dont on peut penser qu’elle bénéficiera pleinement du croisement entre le regard des écrivains, celui des sociologues ou historiens et celui des documentaristes.

 

Le programme complet sur le site de l'Espace Mendès France : http://maison-des-sciences.org/3424/festival-raisons-agir-2009/

Conseil européen : l'Allemagne et la France verrouillent l'Europe

 

rubon1.jpgLa brouille franco-allemande n’aura été que de courte durée. À l’approche du G20, le Conseil européen des 19 et 20 mars aura été marqué par la volonté des deux États d’imposer leurs vues à l’ensemble des Vingt-Sept : la crise est financière, elle n’est que financière, et elle sera forcément résolue par une meilleure régulation des marchés. Pour le reste, appliquons scrupuleusement le pacte de stabilité et la stratégie de Lisbonne, et tout rentrera dans l’ordre !
Alors que dans toute l’Union européenne les emplois sont supprimés par dizaines de milliers, les gouvernements allemand et français appliquent la politique de l’autruche, et s’arc-boutent dans une posture totalement absurde, en voulant faire croire que les timides plans de « relance » adoptés jusque-là sont largement suffisants pour faire redémarrer l’économie. Ainsi, pendant que la chancelière allemande déclare qu’une « surenchère de promesses ne permettrait certainement pas de calmer la situation », François Fillon lui fait écho en affirmant, sérieux comme un pape, que « tous les Français comprennent qu’on ne peut pas aller au-delà ».

Telle sera sans doute la position commune de l’Union européenne lors du G20 de Londres : sauvons la finance, et les citoyens paieront les pots cassés, comme ils le font déjà depuis trente ans, de crise en crise, de plan d’austérité en plan d’austérité. Et ce n’est certes pas ce G20 des grandes puissances qui changera quoi que ce soit à l’ordre néolibéral du monde.

Pourtant, de réelles solutions existent. Lors du Forum social de Belém, un appel a été lancé pour que le 28 mars soit une grande journée d’action mondiale face au G20 : "Pour un nouveau système économique et social, mettons la finance à sa place" ! Cet appel a été signé par plus de 300 organisations de la société civile de tous les continents, associations, ONG, syndicats, réseaux internationaux,... (voir la liste en pièce jointe). Cet appel a été soumis notamment à la Commission Stiglitz des Nations unies et nous savons qu’il a été pris en compte dans les débats. Dès la semaine prochaine, nous produirons un rapport plus complet à partir des propositions qui sont faites.

Pour en savoir plus : 
- Le dossier complet consacré au G20 sur le site d’Attac France. 
- L’appel international de Belém : http://www.choike.org/campaigns/cam...
- Le site et l’appel à mobilisation en France : http://www.stop-g20.org.

Attac France, Montreuil, le 20 mars 2009

 

Attac et les paradis fiscaux

 

rubon1.jpgInterview du 20/03/2009 après-midi par téléphone pour la presse japonaise.

Quel sens attac donne-t-elle aux déclarations et décisions récentes de certains chefs de gouvernement contre les paradis fiscaux ?

La question portait essentiellement sur la façon dont Attac « reçoit » les récentes et actuelles déclarations de certains chefs de gouvernements contre les paradis fiscaux et sur le sens des dernières décisions prises à l’égard de la Suisse et par les autorités de Jersey.

J’ai tenu à affirmer que, pour l’instant, les déclarations du Président de la République et du Premier ministre en France, tout comme celles de responsables politiques en Allemagne, voire de Gordon Brown en Grande-Bretagne, ne sont que des « déclarations verbales » et que rien de concret n’a été décidé. Dans ce domaine, d’ailleurs, les fausses annonces sont légion : le ministre du budget français avait déclaré en octobre 2008 que les banques françaises qui bénéficient du soutien national devront être claires quant à leurs relations avec les paradis fiscaux. Or les dirigeant des six banques françaises qui ont bénéficié des aides de l’Etat ont affirmé devant la Commission des Finances de l’Assemblée nationale qu’elles n’ont reçu aucune directive ni recommandation en ce sens. Il est à craindre que la réunion du G20 à Londres le 2 avril ne débouche sur aucune mesure concrète, mais seulement sur quelques futures réunions de travail entre « experts » des différents Etats, réunions auxquelles pourraient même être invités des représentants des banques ou des paradis fiscaux co-responsables de la situation actuelle. La pression des principales places financières, et particulièrement de la City de Londres qui règne plus ou moins, de fait, sur près de la moitié des paradis fiscaux, se poursuit : les intérêts en jeu sont énormes et la volonté dominante de celles et ceux qui possèdent et maîtrisent la finance mondiale, comme de ceux qui sont à leur service, est toujours de « faire payer la crise » par les autres.

En ce qui concerne les légers reculs fortement médiatisés de la banque suisse UBS à l’égard de l’administration américaine ou des « accords » de Jersey, tout ceci ne change rien d’essentiel : les banques continueront de décider des informations qu’elles pourront être amenées à fournir à des autorités judiciaires extérieures ; au cas par cas elles pourront parfois déplacer un peu le curseur entre ce qu’elles considéreront comme de l’évasion fiscale (qui les « oblige » à garder le secret bancaire total) et de la fraude fiscale (qui les amène à fournir des informations).

Gérard Gourguechon

 

Sur la crise

 

arton5586-90082.jpg2003-2008 : six années de chroniques économiques. Une dizaine d’économistes, à « contre-courant » du libéralisme dominant, analysent l’évolution du capitalisme.

Ce numéro spécial revient sur la crise systémique des années 2007 et 2008 aux formes diverses (financière, économique, sociale et écologique) et liées les unes aux autres. Analyser les crises suppose d’en intégrer toutes les dimensions, et c’est ce qu’en six ans, une dizaine d’économistes ont démontré en publiant plus de 250 chroniques dans les colonnes de Politis. Ce numéro est l’occasion d’en présenter une sélection accompagnée d’un texte inédit du philosophe Daniel Bensaïd. Ce hors-série donne ainsi une lecture de la récente crise sur plusieurs années. Il aura fallu le krach des bourses du monde entier, en mars 2008, pour que les médias et les gouvernements prennent conscience de la profondeur de celle-ci.

Ce n° spécial "Crise" est disponible au prix de 4,90 euros en kiosque.

 

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