30.06.2009
Comment Madoff s'est servi dans vos cotisations retraite
L'Arrco ne s'en est pas vantée. Comme beaucoup d'autres, l'association gérant la retraite complémentaire des salariés a été victime de Bernard Madoff. Elle y a perdu près de 35 millions d'euros. Et les 150 ans de prison que la justice américaine vient d'infliger au financier n'y changeront rien.
L'affaire n'a pas fait beaucoup de bruit. Elle a été abordée le 10 mars lors du conseil d'administration de l'Arrco, et a fait l'objet d'un court article début juin dans Le Nouvel Observateur. Mais le régime de retraite ne figurait pas dans les victimes françaises déjà connues.
Une réserve de 41 milliards d'euros à placer
L'Arrco, co-gérée par les syndicats et le patronat, ne passe pas pour un repaire de spéculateurs. Les cotisations de milions de salariés lui ont pourtant permis de se constituer un petit trésor boursier : une « réserve technique de financement à moyen et long termes » de 41,87 milliards d'euros.
Pas de chance, l'organisation paritaire a été rattrapée par deux catastrophes financières. Son président, le syndicaliste de Force ouvrière Bernard Devy, a dressé le bilan devant le conseil d'administration :
- une exposition de 20,1 millions d'euros sur la banque américaine Lehman Brothers, qui a fait faillite en septembre ;
- une exposition de 34,9 millions d'euros sur les fonds gérés par Bernard Madoff, arrêté en décembre.
Le parcours de l'argent est désormais bien connu. Comme beaucoup de victimes européennes de Madoff, l'Arrco a investi dans la Sicav luxembourgeoise Luxalpha.
Un placement qui avait tout pour plaire : ses rendements résistaient à la conjoncture et sa banque dépositaire, la Suisse UBS, offrait un gage de sérieux. Sauf que Luxalpha confiait ensuite les fonds à Madoff. Des particuliers se sont eux aussi fait plumer, via leurs banques ou leurs compagnies d'assurance.
« Ne pas affoler les retraités »
A l'Arrco, on souligne que les sommes concernées ne représentent qu'une petite partie de la réserve. « Il ne faut pas affoler les retraités », nuance donc une porte-parole. D'ailleurs, souligne-t-elle, l'Arrco a « un règlement financier très strict ».
Ce règlement financier n'a pas empêché l'Arrco d'être lésée par Madoff, mais il a peut-être limité les dégâts. Il est censé encadrer la spéculation, en fixant des « quotas » dans l'utilisation de la réserve :
- au minimum 60% placés en obligations et titres sûrs ;
- au maximum 40% placés en actions ou dans des fonds.
Les quotas sont respectés, assure-t-on à l'Arrco : les obligations représenteraient aujourd'hui 70% des placements. Mais l'organisation n'est pas encore sûre de récupérer un jour les 35 millions perdus en spéculant chez Luxalpha.
Et le verdict prononcé ce lundi par la justice américaine n'y changera rien. Les victimes européennes de l'affaire ne peuvent que se retourner contre UBS et les autres établissements dépositaires des fonds liés à Madoff. Des banques qui refusent toujours d'admettre la moindre responsabilité dans le scandale.
François Krug, Eco89, Mis à jour le 29/06/2009 à 17 h 35 après l'annonce du verdict à New-York.
Site d'Eco89 : http://eco.rue89.com/
22:00 Publié dans Articles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.06.2009
Réunion d'Attac Poitiers avant l'été
Prochaine rendez-vous d'Attac Poitiers : jeudi 2 juillet à 20 h dans les locaux de la FSU à Poitiers. Amenez quelque chose à boire !
On en profitera donc pour boire un verre avant la période estivale et nous ferons le point sur les projets à venir.
Rendez-vous ensuite en septembre : mardi 8 septembre (sans doute, Maison du peuple, salle Timbaud)
01:03 Publié dans AGENDA, Attac Poitiers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.06.2009
Les difficultés des "LBO" pèsent sur les banques
Les "LBO" (Leverage Buy Out) (1) seront-ils la prochaine bombe financière à l'origine d'énormes pertes pour le secteur bancaire ? Plus la crise économique s'étire, plus l'inquiétude grandit envers cette technique financière consistant à racheter des entreprises "à crédit", plus exactement avec un fort recours à l'emprunt. Après avoir fragilisé des centaines de PME en France, ce mode de financement très prisé dans les années 2000, en période d'argent facile, menacerait la stabilité des banques.
A fin 2008, les établissements avaient en stock 60 milliards d'euros de prêts accordés à des opérations de LBO dont 8,9 milliards d'euros sont inscrits au bilan de BNP Paribas et 5,4 milliards à celui de la Société générale. Sur cet encours, les experts estiment que près de 50 % seraient "en danger", soit 28 milliards de pertes potentielles pour les banques... et plus que le montant de l'aide de l'Etat au secteur bancaire pour passer le cap de la crise des subprimes.
Comment en est-on arrivé là ? En 2008, 1 500 entreprises ont été rachetées par des fonds d'investissement dits de LBO, qui ont emprunté 50 %, 70 %, parfois 80 % et plus de la mise nécessaire. Les entreprises étaient censées rembourser elles-mêmes cette énorme dette grâce à leurs profits, aidées par la croissance. Ces fonds entendaient ainsi profiter du crédit bon marché, et revendre les sociétés avec une confortable plus-value quatre ou cinq ans plus tard.
Mais la crise a changé la donne. Les entreprises sont à la peine, leurs bénéfices chutent, la dette jusqu'ici acceptable devient intenable. Mois après mois, des dossiers délicats sont portés à la connaissance du public : Desjonquère
DES INTÉRÊTS OPPOSÉS
Selon l'AFIC, l'association qui représente les fonds d'investissement en France, 20 % des entreprises sous LBO auraient des difficultés à rembourser leur dette. "Ces chiffres sont peut-être sous estimés, avoue Jean-Louis de Bernardy, président de l'AFIC et fondateur d'un des premiers fonds de LBO en France. En 2009, la situation est plus difficile encore."
Conscients de leur impopularité, en particulier vis-à-vis des syndicats, les fonds ont décidé d'un code de bonne conduite "pour rappeler aux acteurs de LBO, aux fonds et aux banques, qu'ils doivent régler leurs problèmes entre eux et préserver en priorité l'entreprise", souligne M. de Bernardy. "S'il y a une "bombe LBO", les victimes doivent être les banques et les fonds et surtout pas les entreprises et leurs employés,martèle-t-il. Le LBO est un jeu entre adultes consentants, les fonds et les banques savent les risques qu'ils prennent."
Reste que les intérêts de ces protagonistes sont opposés. Pour préserver leurs profits, les fonds sont prêts à renflouer l'entreprise sous réserve que les banques renoncent à une grosse part de leur dette. "Les banques sont aussi coupables, certaines nous ont incités à emprunter des sommes excessives", argue le patron d'un grand fonds européen.
Mais le secteur bancaire, déjà ébranlé par la crise des subprimes, n'est pas prêt à un tel sacrifice. Pour les cas extrêmes, il privilégie, le rééchelonnement de la dette ou sa conversion en actions. "Il faut jouer la durée pour soulager les entreprises", plaide aussi René Ricol, le médiateur du crédit, dénonçant la "froideur gestionnaire" des patrons de fonds. Cependant, même si elles parviennent à échanger leur dette, les banques ne sont pas protégées. Car nul ne sait combien de temps durera la crise.
Certaines, à l'image de BNP Paribas, se disent pourtant sereines. "Notre portefeuille LBO ne doit susciter ni de fausses attentes, ni de fausses inquiétudes, a récemment déclaré son directeur général, Baudouin Prot. Il se répartit entre 400 dossiers, à 95 % sur de la dette senior (garantie), à 46 % en France. C'est un portefeuille de qualité."
"Les LBO ne sont pas les nouveaux subprimes", avertit aussi Eric Delannoy de la société de conseil Weave, pour qui moins de 10 % de la dette LBO est en risque. Même si le danger LBO existe pour M. Delannoy, il est en fait bien moindre que celui des défauts de paiement des ménages frappés par la récession et le chômage.
09:12 Publié dans Articles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Comment saboter une conférence des Nations Unies
La Conférence des Nations unies sur la crise économique et financière mondiale et ses conséquences sur le développement, qui se tient du 24 au 26 juin à New-York, aurait pu être l’occasion de mobiliser l’ensemble des 192 États membres autour d’un projet planétaire de sortie du modèle néolibéral dominant - dont la faillite est avérée -, en vue de la construction d’un autre monde plus juste, plus démocratique, plus solidaire et plus respectueux des impératifs écologiques.
Cela ne sera malheureusement pas le cas, et les grands pays industrialisés, derrière lesquels se font sentir les pressions des transnationales, en portent totalement la responsabilité.
Au départ, le président de l’Assemblée générale, le Nicaraguayen Miguel D’Escoto, à qui revient le mérite d’avoir convoqué cette Conférence, avait nommé une commission d’experts, présidée par le Prix dit Nobel d’économie Joseph Stiglitz et chargée de faire des recommandations. Le rapport Stiglitz contient des analyses rarement formulées à ce niveau sur la responsabilité des inégalités dans la gestation de la crise et sur l’incapacité du marché à s’auto-réguler. Il formule également des propositions intéressantes sur la régulation du système financier international, sur la résorption de la dette des pays pauvres, etc. Mais, dans le même temps, et sans craindre la contradiction, il ne sort pas du cadre classique de la liberté de circulation des capitaux et du libre-échange. Il est également regrettable que l’appel à l’augmentation de l’aide publique au développement, resté sans effet depuis des décennies, n’ait pas été remplacé par une proposition de taxes globales. [1]
Malgré ses limites, ce rapport pouvait permettre d’ouvrir un débat dans les sociétés, et conduire à quelques avancées au niveau international, qui auraient pu être reprises dans la déclaration finale de la Conférence. Mais les États-Unis et les pays membres de l’Union européenne se sont ingéniés à vider le projet de déclaration finale de la majeure partie des recommandations du rapport Stiglitz. Alors qu’il s’agissait de promouvoir le G-192 comme instance de décision internationale, ils ont réussi à réintroduire la primauté du G-20. Enfin, pour mieux banaliser le statut de cette réunion, ils n’y ont dépêché aucun chef d’État ou de gouvernement. C’est en particulier vrai de la France, le président Sarkozy n’ayant même pas mentionné cette Conférence dans son discours au Congrès et, malgré ses proclamations de "rupture", ayant, de manière prévisible, renoncé à faire entendre un son de cloche distinct de celui des autres grands pays capitalistes.
Attac dénonce ce double discours, déplore l’absence de la France au niveau qui s’imposait et, en même temps, se félicite que des présidents engagés dans des processus d’émancipation sociale et de récupération de leur souveraineté nationale - Evo Morales pour la Bolivie et Rafael Correa pour l’Equateur - aient annoncé leur présence à la Conférence pour y faire entendre un discours en phase avec les aspirations des peuples.
L’enjeu est certes de sortir de la crise systémique actuelle, mais aussi et surtout de savoir sur quel monde souhaitable cette sortie devrait déboucher. Avec les mouvements sociaux et citoyens, ainsi qu’avec les forces progressistes du monde entier, Attac continuera à mettre en avant les alternatives à un système qui s’est fracassé sur le mur de ses propres contradictions, et appellera les citoyens à se mobiliser lors des prochains sommets internationaux (G20, Conférence ministérielle de l’OMC, Conférence sur le climat à Copenhague notamment) pour obtenir des résultats à la hauteur des enjeux auxquels nous sommes confrontés.
Attac France, Montreuil, le 24 juin 2009
09:05 Publié dans Communiqué | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Comment saboter une conférence des Nations Unies
La Conférence des Nations unies sur la crise économique et financière mondiale et ses conséquences sur le développement, qui se tient du 24 au 26 juin à New-York, aurait pu être l’occasion de mobiliser l’ensemble des 192 États membres autour d’un projet planétaire de sortie du modèle néolibéral dominant - dont la faillite est avérée -, en vue de la construction d’un autre monde plus juste, plus démocratique, plus solidaire et plus respectueux des impératifs écologiques.
Cela ne sera malheureusement pas le cas, et les grands pays industrialisés, derrière lesquels se font sentir les pressions des transnationales, en portent totalement la responsabilité.
Au départ, le président de l’Assemblée générale, le Nicaraguayen Miguel D’Escoto, à qui revient le mérite d’avoir convoqué cette Conférence, avait nommé une commission d’experts, présidée par le Prix dit Nobel d’économie Joseph Stiglitz et chargée de faire des recommandations. Le rapport Stiglitz contient des analyses rarement formulées à ce niveau sur la responsabilité des inégalités dans la gestation de la crise et sur l’incapacité du marché à s’auto-réguler. Il formule également des propositions intéressantes sur la régulation du système financier international, sur la résorption de la dette des pays pauvres, etc. Mais, dans le même temps, et sans craindre la contradiction, il ne sort pas du cadre classique de la liberté de circulation des capitaux et du libre-échange. Il est également regrettable que l’appel à l’augmentation de l’aide publique au développement, resté sans effet depuis des décennies, n’ait pas été remplacé par une proposition de taxes globales. [1]
Malgré ses limites, ce rapport pouvait permettre d’ouvrir un débat dans les sociétés, et conduire à quelques avancées au niveau international, qui auraient pu être reprises dans la déclaration finale de la Conférence. Mais les États-Unis et les pays membres de l’Union européenne se sont ingéniés à vider le projet de déclaration finale de la majeure partie des recommandations du rapport Stiglitz. Alors qu’il s’agissait de promouvoir le G-192 comme instance de décision internationale, ils ont réussi à réintroduire la primauté du G-20. Enfin, pour mieux banaliser le statut de cette réunion, ils n’y ont dépêché aucun chef d’État ou de gouvernement. C’est en particulier vrai de la France, le président Sarkozy n’ayant même pas mentionné cette Conférence dans son discours au Congrès et, malgré ses proclamations de "rupture", ayant, de manière prévisible, renoncé à faire entendre un son de cloche distinct de celui des autres grands pays capitalistes.
Attac dénonce ce double discours, déplore l’absence de la France au niveau qui s’imposait et, en même temps, se félicite que des présidents engagés dans des processus d’émancipation sociale et de récupération de leur souveraineté nationale - Evo Morales pour la Bolivie et Rafael Correa pour l’Equateur - aient annoncé leur présence à la Conférence pour y faire entendre un discours en phase avec les aspirations des peuples.
L’enjeu est certes de sortir de la crise systémique actuelle, mais aussi et surtout de savoir sur quel monde souhaitable cette sortie devrait déboucher. Avec les mouvements sociaux et citoyens, ainsi qu’avec les forces progressistes du monde entier, Attac continuera à mettre en avant les alternatives à un système qui s’est fracassé sur le mur de ses propres contradictions, et appellera les citoyens à se mobiliser lors des prochains sommets internationaux (G20, Conférence ministérielle de l’OMC, Conférence sur le climat à Copenhague notamment) pour obtenir des résultats à la hauteur des enjeux auxquels nous sommes confrontés.
Attac France, Montreuil, le 24 juin 2009
09:01 Publié dans Communiqué | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.06.2009
Des associations réclament un tribunal de la dette
http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/internati...
Agence France-Presse Paris : Deux collectifs d’associations françaises et belges réclament mercredi dans un rapport sur les « fonds vautours » la mise en place d’un tribunal international de la dette.
Dans un rapport intitulé Un vautour peut en cacher un autre : les pays endettés face à leurs prédateurs, la plate-forme Dette et Développement (regroupant une vingtaine d’associations françaises dont le Comité catholique contre la faim et pour le développement, Attac ou Sherpa) et le Centre national de coopération au développement (CNCD-Belgique) « soulignent l’urgence de créer un tribunal international de la dette et de protéger les dépenses essentielles des pays pauvres ».
Ces associations soulignent que ces fonds spéculatifs « rachètent les dettes de pays pauvres à un prix extrêmement bas en vue de les contraindre par voie judiciaire à les rembourser au prix fort, engrangent des plus values colossales sur le dos des populations du Congo, de Zambie, du Pérou, d’Argentine ou du Nicaragua ».
Elles pointent du doigt les responsabilités des pays riches, estimant notamment que « les justices française, anglaise ou américaine donnent systématiquement raison aux fonds vautours contre les pays pauvres » et que l’argent que la France et les pays riches ont consacré aux allègements de dette se voit confisqué par des fonds privés au lieu de financer les dépenses sociales, comme annoncé ».
Pour ces associations, la dette des pays pauvres est « une question à nouveau brûlante » alors que « les populations du Sud seront les principales victimes de la crise » financière actuelle et que la seule solution que leur propose le G20 est de « se réendetter auprès du FMI ».
Avant la Conférence de l’ONU prévue fin juin sur la crise financière et les réponses à apporter pour les pays en développement, ces associations préconisent trois mesures clés : « la création d’un tribunal international de la dette pour que tous les créanciers soient sur un pied d’égalité », « la protection des dépenses vitales des pays pauvres qui doivent primer sur l’obligation de rembourser », « un plan d’aide d’urgence, sous forme de dons et de taxes mondiales, pour compenser l’impact de la crise ».
Nouveau rapport sur les vautours qui rôdent autour des pays endettés
13:36 Publié dans Articles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.06.2009
Nicolas Sarkozy veut-il débaucher des altermondialistes pour son prochain gouvernement ?
Communiqué d'Attac France
Le président de la République a prononcé le 15 juin un discours devant l’Organisation internationale du travail (OIT) qu’à première vue on pourrait croire sorti d’une assemblée du Forum social mondial. Tout, ou presque, y est : le refus de la marchandisation des activités humaines, la soumission du droit des affaires aux normes sociales et environnementales, la condamnation du dumping social, le refus du travail des enfants, la condamnation du tout pour le capital et rien pour le travail, l’appel à une forte régulation financière internationale, notamment par la taxe Tobin, la dénonciation de la cohabitation de l’abondance et de la misère, la critique des pays n’ayant pas ratifié les conventions de l’OIT, la proposition d’une Organisation mondiale de l’environnement, etc.
Il n’y a plus de limites au double langage et aux tentatives de brouillage des repères. En effet, point par point, les envolées humanistes du Président sont démenties par sa pratique politique quotidienne et par l’action de son gouvernement.
Il achève peu à peu la privatisation des services publics et donc il les marchandise. Il a accentué le partage inégal des revenus entre capital et travail en inventant le bouclier fiscal. Il a distribué des dizaines de milliards aux banques spéculatrices, mais reste très avare pour le SMIC et les minima sociaux. Il a accru la pression sur les salariés et les chômeurs en guise de respect des normes internationales. Il projette maintenant de repousser l’âge de la retraite à 67 ans, et il nous assurera plus tard que c’est pour rééquilibrer le partage entre travail et capital. Il a développé une politique anti-immigrés honteuse, au nom sans doute des droits de l’homme dont il se réclame. Il a imposé de force le traité de Lisbonne qui interdit toute taxation des transactions financières. Il a entériné un plan climat-énergie au rabais pour préparer la « bonne gouvernance climatique ».
Attac n’acceptera pas de se laisser désarmer par ce nouveau hold-up idéologique, qui affirme le contraire de ce qui est mis en œuvre dans une France où la part la plus belle est réservée à une minorité, et dans un monde où la loi du profit est le principal obstacle pour que tout ce qui est proclamé à la tribune de l’OIT à Genève devienne réalité.
Le discours du Président Sarkozy a un seul mérite : il désigne très nettement tous les verrous empêchant que la société redevienne maîtresse de son destin. Mais ce n’est certainement pas lui qui les fera sauter !
Attac France, Montreuil-sous-bois, le mardi 16 juin 2009
Pour en savoir plus :
- Le communiqué en ligne : http://www.france.attac.org/spip.php?article10097
- Le rapport Attac "De la fin des paradis fiscaux aux taxes globales" : http://www.france.attac.org/spip.php?article9738
21:49 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Des livres pour l'été…

Comprendre les crises financières, sociales et écologiques… Aborder des idées alternatives pour imaginer un autre avenir… S’il nous est permis de penser que les citoyens peuvent se réapproprier leur destin, cela passe aussi par la connaissance des problèmes, des enjeux et des solutions possibles. ATTAC, association d’éducation populaire, contribue au travers de ses publications à alimenter cette dynamique.
00:31 Publié dans Livre/Revues | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
13.06.2009
Vers une taxe carbone ?
Le gouvernement français vient d’annoncer la mise à l’étude d’une contribution climat-énergie et il organise pour cela une conférence d’experts les 2 et 3 juillet 2009. Un Livre blanc a été produit, il est consultable à l’adresse suivante :http://www.contributionclimatenergie.fr/
Pour répondre aux défis du changement climatique et aux engagements en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’association Attac est favorable à la mise en place de taxes nouvelles. Les besoins de financement pour faire face à l’urgence climatique sont considérables. Il s’agit en effet à la fois d’inciter à des économies d’énergie et à la sobriété énergétique et de dégager des ressources nouvelles pour financer des politiques publiques de reconversion des industries les plus polluantes, de soutien à l’agriculture paysanne, de développement des transports publics et de mise aux normes des logements sociaux, de participation au fonds mondial de lutte contre le changement climatique dans le cadre de l’ONU. Le Livre blanc indique les pistes choisies pour répondre au défi climatique. Elles nous paraissent, en l’état, non seulement insuffisantes mais contradictoires :
- les objectifs de réduction des émissions (moins 20% d’ici 2020) sont insuffisants : ils reprennent a minima ceux du plan climat-énergie de l’Union européenne ; ils n’intègrent ni la possibilité de les porter à 30% comme l’indiquait l’UE, ni les recommandations du GIEC de les porter à 40% d’ici 2020 pour les pays riches.
- cette contribution aurait un effet seulement incitatif et ne permettrait pas de dégager des ressources nouvelles, pourtant nécessaires : « les ressources nouvelles financeront en contrepartie le baisse d’autres prélèvements obligatoires », en particulier les prélèvements sur la masse salariale qui financent la protection sociale !
- cette contribution serait socialement injuste : s’il s’agit, comme l’indique le Livre blanc, de protéger l’emploi et le pouvoir d’achat des plus fragiles, qui sera affecté par la hausse du prix des produits taxés, c’est le développement massif et rapide de consommations collectives, financé par des ressources publiques, qu’il s’agit de promouvoir. Les transports et la consommation énergétique en matière d’habitat, qui constituent deux postes essentiels des budgets et des sources majeures d’émission de gaz à effet de serre, requièrent des politiques publiques qui sortent les plus démunis de la « trappe à carbone ».
- seule une taxe CO2, portant sur les énergies fossiles, semble envisagée alors que c’est l’ensemble des consommations énergétiques, électricité comprise, qui devrait faire partie de la taxe.
- les entreprises déjà soumises à des objectifs de réduction des émissions dans le cadre de la politique européenne (elles représentent 38% des émissions totales de la France) et qui ont accès au marché européen des droits d’émission créé en 2005, pourraient être exemptées de taxation, alors que ce marché des droits à polluer s’est révélé plus efficace pour stimuler la spéculation financière que pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
La fiscalité écologique est un des outils indispensables pour faire face aux défis du changement climatique et de la transition énergétique. Elle ne peut toutefois être étudiée indépendamment de la fiscalité globale et indépendamment d’autres mesures, notamment réglementaires. Un débat public doit s’instaurer sur toutes ces questions pour assurer une justice climatique dans le cadre de choix démocratiques. C’est pour cela qu’Attac avait organisé le 1er février 2008 une table ronde sur la fiscalité écologique, avec la CGT, le SNUI, les Amis de la Terre, le Réseau Action Climat (http://www.france.attac.org/spip.php?article8239)
Attac France, Montreuil, le 12 juin 2009
00:46 Publié dans Articles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.06.2009
2009 : Université citoyenne d’Attac France

| La crise financière et ses conséquences sociales, notamment en termes d’emploi, montrent l’impasse et les dangers de la finance dérégulée et du néolibéralisme. Alors que nos dirigeants, le G20 en tête, parlent de refonder le système, la période actuelle fournit une opportunité de proposer de véritables alternatives. Bâtir une société plus juste, plus démocratique, plus solidaire et plus respectueuse de l’environnement. Dans un tel projet, que faire du capitalisme ? C’est la question centrale qu’Attac vous invite à débattre lors de sa dixième université d’été qui se tiendra au Palais des congrès d’Arles du 21 au 25 août.
Plus d'infos sur :http://www.france.attac.org/spip.php?rubrique1139 |
23:25 Publié dans Université d'été d'Attac | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
