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  • Les pays pauvres éternelles victimes de la crise

    nordsud.jpgJean Merckaert, coordonnateur efficace de la plateforme Dette & Développement, à laquelle participe Attac-France, a publié une sorte de cri de colère quant au traitement que nos édiles réservent à la crise. 
    Son papier, intitulé "Les pays pauvres éternelles victimes de la crise", a été publié dans le quotidien Le Monde du 18 novembre 2008.http://abonnes.lemonde.fr/opinions/...

    Depuis trente ans, les pays pauvres subissent de plein fouet les conséquences d’une course au profit effrénée qui a fait perdre la tête à la finance mondiale. À l’heure de refonder le système financier international, ils ne sont même pas conviés à la table des négociations.

     

    La chronique du drame est éclairante. 
    Acte I, l’endettement. 
    Dans les années 1970, à la recherche de débouchés pour leurs liquidités, les banquiers occidentaux endettent massivement les pays du Sud à des taux (flottants) défiant toute concurrence. Les États leur emboîtent le pas, en faisant crédit à des dictatures féroces comme aux Philippines, au Congo (ex-Zaïre) ou en Argentine, en échange de leur allégeance au bloc de l’Ouest.

     
    Acte II, crise de la dette. 
    En cause, au-delà des motifs géopolitiques : la remontée en flèche des taux d’intérêt, suite à une décision du Trésor américain, et la dégringolade des revenus d’exportation avec la chute des prix agricoles.

     
    Acte III, l’ajustement structurel. 
    À partir des années 1980, les grands argentiers du G7 exigent des pays pauvres qu’ils sacrifient les dépenses de santé, d’éducation ou d’emploi pour rembourser la dette.

    Le Fonds monétaire international (FMI), désœuvré après la sortie du système de change fixe, est chargé d’imposer privatisations bradées, libéralisations commerciale et financière et retrait de l’État. Pour le plus grand profit des investisseurs étrangers. L’ouverture des marchés met en péril les cultures vivrières, première source de revenus de la population rurale, et tue dans l’œuf les industries naissantes. Une minorité s’accapare les rentes minière et pétrolière. Les bénéfices colossaux réalisés au Sud fuient vers les places offshore.

    Au total, les pays en développement consacrent encore chaque année 456 milliards de dollars (360 milliards d’euros) à rembourser leur dette. La fraude fiscale leur coûte 300 à 500 milliards de dollars par an. En face, les quelque 100 milliards de dollars annuels d’aide au développement et les maigres allégements de dette consentis depuis dix ans (88 milliards de dollars) font office de caution à cette ponction massive des richesses du Sud. Mille fois, nous avons demandé au G8 que la finance mondiale soit mieux régulée et mieux partagée. Mille fois, nous nous sommes heurtés à un mur.

    Voilà que la folie de la finance mondialisée menace nos Bourses et nos emplois, et nos gouvernements s’empressent de convoquer, à huis clos, les vingt pays les plus puissants au chevet du capitalisme pour le préserver sans le remettre en question. Les pays pauvres, "ceux qui souffriront le plus de la crise (et) qui en sont le moins responsables", selon le mot du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, attendront.

    ZONES DE NON-DROIT 
    Comme nous, l’objectif affiché de l’Union européenne pour ce sommet à Washington doit les laisser pantois. Comment l’UE peut-elle en effet vouloir confier, sans contrepartie, le rôle de gendarme financier de la planète à une institution, le FMI, qui a laissé exsangues les pays endettés, et oublié sa mission première, la stabilité financière internationale. Malgré son siège dans la capitale des États-Unis, le FMI s’est avéré incapable d’anticiper la crise des subprimes - et la faillite islandaise. Laissant prospérer des zones de non-droit, les paradis fiscaux, et mondialisant cette finance dérégulée, il a créé les conditions d’une crise globale. Ce n’est pas sa gestion calamiteuse des crises en Argentine, en Russie et dans le Sud-Est asiatique, au tournant du siècle, qui redorera son blason.

    Le FMI est malade. Malade du dogme néolibéral auquel ont été formés 99 % de ses économistes. Malade de la suspicion que suscite son pédigrée dans la plupart des pays du Sud. Malade aussi de la mainmise en son sein des pays du G8, que le FMI a renoncé à contrôler, en particulier les États-Unis qui disposent d’un droit de veto à son conseil d’administration.

    Aussi louable soit-elle, l’ambition européenne d’une reprise en main multilatérale de la finance mondiale restera vaine, si le chantier est confié à une telle institution. A moins d’un traitement de choc. La crise ne trouvera d’issue durable que si la nouvelle régulation internationale est à la fois plus efficace, au service d’une répartition plus juste des richesses, et plus légitime, en associant étroitement les pays pauvres. Bien plus que le G20, le sommet des Nations unies sur le financement du développement, qui se tient à Doha à la fin du mois, est l’occasion rêvée d’entreprendre ce chantier exigeant.

    Jean Merckaert.

     

  • Parachutes argentés…

     

    sortons-casino.gifNous avons appris ce matin (27/11/08), grâce au journal Le Parisien, qu’il s’en passait des belles à la Société générale. Suite à l’accumulation des pertes de ses traders, la banque a voulu licencier cinq d’entre eux, jugés coupables d’avoir pris des positions hasardeuses, de n’avoir pas su gérer leur portefeuille et de n’avoir pas averti les autorités supérieures de leur situation. Mais quatre de ces aventureux traders n’ont pas supporté la chose, et ont sans doute menacé la banque de plaintes devant les prud’hommes ou autres actions ternissant l’image de marque de la Société générale, déjà bien entamée par l’affaire Kerviel.

    Et donc, il paraîtrait que c’est courant dans ce genre d’affaires, la banque a accordé aux quatre traders, en échange de leur silence, des indemnités s’élevant à plus de deux millions d’euros, soit, au bas mot et en moyenne, plus de 500 000 euros à chacun, somme s’ajoutant aux indemnités de licenciement proprement dites. À la seule condition que « les parties s’engagent à ne pas révéler le contenu du présent accord à des tiers ». Visiblement, c’est raté !

    Pour sa défense, la Société générale a déclaré que les indemnités versées représentaient « moins de six mois de salaire (fixe, commissions et arriérés de bonus) pour chacun des licenciés ». Nul besoin de calculette pour se rendre compte que, si ces chiffres sont vrais, chacun des traders gagnait près de 85 000 euros par mois. De quoi rendre jaloux le président de la République, ainsi que la plupart des stars du tennis et du football. Quant aux guichetiers de la banque, n’en parlons pas…

    Le fait peut paraître anecdotique, dans ce déluge de milliards sous lequel nous sommes submergés presque chaque jour. Il ne l’est pourtant pas lorsqu’on pense aux chômeurs et à tous les travailleurs dont le salaire a bien du mal à dépasser le seuil du SMIC. Ne serait-il pas temps de nationaliser les banques ?

     

  • Au théâtre à Buxerolles en décembre

     

    rubon1.jpgLes deux spectacles avec la compagnie "La Tribouille" auront lieu à la maison des projets de Buxerolles les 11 et 12 décembre.

    - Jeudi 11 décembre : « Le paradoxe de l'Erika » :

    - à 14 h 30 (pour les scolaires)

    - à 20 h (séance tous publics)

    - Vendredi 12 décembre : « Le radeau de la monnaie » à 20 h

    Les tarifs sont de :

    - 5 euros (étudiants, stagiaires en formation et chômeurs)

    - 8 euros (tarif adhérent : Cemea + Attac)

    - 10 euros (tarif plein) et 15 euros les 2 spectacles.

     

     

    Réservez vos place, il n'y en aura pas pour tout le monde !!

    Tél : 05 49 01 05 89

  • La crise, une aubaine pour les prédateurs

     

    rubon1.jpgLes crises mondiales, une aubaine pour les multinationales insatiables de gains, de rentes, de profits et autres prédations et spéculations.

    Le G20 s’est réuni en grande pompe, le 15 novembre, à Washington aux USA, pour évaluer la gravité de la situation de crise qui affecte le capitalisme mondial et convenir des mesures à prendre pour lui redonner une légitimité fondée sur l’absence de toute alternance crédible et une opérationnalité construite sur une argumentation foireuse.

    Les grands de ce monde, regroupés au sein d’un G20, un directoire souverainement composé sur proposition d’un Président américain à bout de souffle et un président de l’Union Européenne en plein euphorie, ont décidé de refondre le système financier mondial afin de garantir la relance concertée de l’économie pour éviter l’effondrement du système capitaliste. Il s’agissait au départ, ni plus ni moins, que de la construction d’un nouveau Bretton Woods !

    Devant l’insignifiance des résultats obtenus, les grands ont reconnu que le défi ne pouvait être relevé en quelques heures de réunion à Washington et qu’il s’agissait plutôt d’un processus de plus longue haleine, avec un second Sommet de même nature convenu pour le printemps prochain et probablement d’autres rendez-vous.

    D’ici là, des mesures seront préconisées et si les conditions s’y prêtent, mises en oeuvre, pour moraliser le système et inciter prédateurs de toutes natures, spéculateurs de tous genres et délinquants en cols blancs, à plus de retenue dans la liquidation des services publics, l’accaparement, voire le pillage du patrimoine de l’humanité et des richesses produites.

    Les paradis fiscaux et judiciaires, et les marchés de produits dérivés ont été identifiés comme les premiers responsables des crises mondiales et devront faire l’objet de mécanismes concertés de régulation dont les Etats souverains resteront, chacun au niveau de son économie nationale, en dernier instance les seuls acteurs de la régulation. Joli tour de force pour responsabiliser des Etats nationaux dans une économie largement mondialisé et globalisée, sous domination de multinationales agissant sur les espaces supra nationaux. Et que dire de la faisabilité de la chose dans la plupart des pays pauvres, absent du débat et pénalisés par trois décennies de destructions systématiques de leurs administrations, politiques suicidaires imposées par les institutions de Bretton Woods aux mains des Etats riches, puissants et ou industrialisés ?

    La crise financière provoquée par et dans les économies dominantes commence à affecter les pays pauvres On s’attend à moins d’aide publique au développement, à une chute des cours des matières premières qu’exportent ces pays pauvres, du fait de la récession qui frappe les économies des pays développés, et chose aussi grave sinon plus, à une aggravation des conditions inhumaines d’exploitation de la main d’oeuvre et des ressources des pays pauvres par les multinationales prédatrices.

    Les révoltes de la faim, les grèves durement réprimées des mineurs au Maghreb, les mouvements de protestation des populations touarègues expulsées de leurs terres par les transnationales d’exploitation minière au Niger ou les producteurs de bananes transformés en esclaves au Cameroun, l’actualité déborde d’informations qui parviennent à percer peu ou prou pour nous interpeller sur la situation dramatique voire tragique de ces populations

    L’union européenne a bien réuni les dirigeants africains pour les rassurer de sa mansuétude en ces temps difficiles mais semble-t-il, au G20 dont l’UE fait partie intégrante, les préoccupations sont de toute autre nature : saisir l’excuse des crises pour mieux dégager le terrain et imposer les injonctions des institution de Bretton Woods et de l’OMC et comme l’écrit le 17 novembre Franck Gaye sur le Blog :

    Une partie particulièrement inquiétante dans la déclaration de Washington est : "dans les douze mois à venir, nous nous abstiendrons d’ériger de nouvelles barrières à l’investissement ou au commerce des biens et des services, d’imposer des nouvelles restrictions ou de mettre en oeuvre des mesures de stimulation des exportations contraires aux règles de l’OMC. En outre, nous nous efforcerons de parvenir cette année à un accord sur des modalités conduisant à la conclusion l’agenda pour le développement de Doha de l’OMC avec un résultat ambitieux et équilibré."

    Cette crise va permettre de dépasser les détours des accords bilatéraux et de remettre les pays du Sud au pas.

    Visitez le site : http://speculand.com/

     

  • Sous les indemnités…

    Titom.jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

    Retrouvez les dessins de Titom (dessinateur belge) sur le site d'Attac Bruxelles : http://bxl.attac.be/spip/spip.php?r...