Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Activités Attac

  • Les vrais séparatistes, ce sont les riches !

    banderole.jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

    Confronté à une crise économique, sociale et sanitaire, Emmanuel Macron et le gouvernement ont choisi de faire diversion en orchestrant une campagne contre le « séparatisme », qui stigmatise les immigré·e·s et les personnes de confession musulmane. Pourtant, une multitude de travaux montre que le séparatisme aujourd'hui, se trouve du côté des très fortunés.


    Chaque année un peu plus, ils font sécession avec le reste de la société.


    La situation sanitaire se dégrade, les plans sociaux se succèdent, les inégalités et la pauvreté augmentent, le dérèglement climatique montre chaque jour ses effets... mais Emmanuel Macron et son gouvernement préfèrent pointer du doigt les « séparatistes » en alimentant les fantasmes islamophobes. Or, qui sont les vrais séparatistes ? Une multitude de travaux documentent comment les plus riches font sécession, à la fois spatialement, fiscalement, économiquement et sur le plan écologique !

    Spatialement, les riches cultivent l'entre-soi et leurs comportements conduisent à une « ghettoïsation par le haut »

    De nombreux travaux sociologiques mettent en évidence un processus de ségrégation résidentielle par le biais du prix élevé des habitations dans les quartiers favorisés. Cette barrière à l’entrée par les prix permet l’entre-soi résidentiel et un voisinage homogène, recherché notamment pour la socialisation des enfants. Plutôt que de stigmatiser les musulman·e·s, Emmanuel Macron devrait s'attaquer à cette ségrégation spatiale qui renforce les inégalités dans la mesure où elle conditionne l’accès équitable à des ressources diverses comme l'école, la possibilité d’avoir un emploi, les lieux de détente et de loisirs...

    Dès 2004, l'économiste Eric Maurin mettait ainsi en évidence une « ghettoïsation par le haut »1, les élites mobilisant toutes leurs ressources pour se mettre à l’écart. Les cadres supérieurs « s’accaparent désormais des pans entiers de l’espace urbain, notamment les centre-villes, les beaux quartiers et les zones les plus proches des principaux équipements ».

    Les sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon Charlot ont également montré comment les familles les plus aisées sont « regroupées dans quelques quartiers bien délimités », où « elles cultivent un entre-soi ». Ils estiment qu'« aucun autre groupe social n’est ainsi confiné dans un ghetto, doré et volontaire »2, allant parfois jusqu’à se murer dans des hameaux totalement privés, comme la villa Montmorency dans le XVIe arrondissement parisien.

    L'INSEE confirme ces analyses : dans les quartiers pauvres « les choix de localisation résidentiels sont plus subis que dans [dans les quartiers riches], certains auteurs ayant pu parler pour les quartiers les plus riches d’autoexclusion. » « Dans certaines villes se développe ce qui est souvent qualifié d’ "entre-soi" à savoir un habitat spatialement séparé des populations riches »3.

    Cela conduit à la perte de mixité sociale : Eric Maurin explique qu'« au fur et à mesure qu’elles gagnent en importance, les classes supérieures repoussent les classes moyennes vers les périphéries, des communes et des quartiers entiers perdant peu à peu leur dernier semblant de mélange social ».

    Selon Eric Maurin, le « fait que Français et étrangers n’habitent pas les mêmes voisinages représente aujourd’hui l’une des formes les plus extrêmes de la ségrégation territoriale ». Or les « ghettos d’immigrés » ne sont pas le résultat d’une volonté de ces populations ou d'une logique communautariste, mais s’expliquent par le fait que ces populations ne peuvent habiter ailleurs.

    Le Conseil d'analyse économique, rattaché au Premier Ministre, notait ainsi en 2004 que si les plus pauvres et les immigré·e·s vivent entre eux, ce n'est pas volontairement : « En France comme ailleurs, des phénomènes cumulatifs de fuite des familles aisées en direction des quartiers riches ont pu également renforcer l’isolation spatiale des familles pauvres ». Ainsi, « lorsque l’on s’intéresse au logement social, il apparaît que la population immigrée a une probabilité plus élevée d’accéder à un logement social situé dans une zone périphérique défavorisée »4.

    Ce séparatisme spatial se traduit notamment par une ségrégation scolaire. « Non seulement la mixité sociale a fortement reculé au plan géographique au cours des trente dernières années, avec une concentration des CSP+ dans le cœur des grandes métropoles, mais cette ségrégation sociale s’est accompagnée d’une ségrégation scolaire renforcée, avec un choix de plus en plus fréquent des catégories favorisées pour l’enseignement privé » selon la fondation Jean Jaures5, qui note que, dans les écoles privées, « la proportion des enfants de familles favorisées y est désormais deux fois plus importante (36 %) que dans le public (19 %) ».

    Alors qu'Eric Maurin dénonçait « l’impuissance des politiques successives à enrayer le phénomène » de ghettoïsation, Emmanuel Macron préfère faire diversion en stigmatisant les populations vivant dans ces quartiers.

    Fiscalement, les riches font sécession en échappant à l'impôt

    Il est largement démontré que l'évasion fiscale est un sport de riches. Gabriel Zucman a ainsi mené une étude dans les pays scandinaves, où il montre que si, en moyenne 3 % des impôts dus ne sont pas acquittés en raison de l’évasion fiscale, plus on est riche et plus cette part augmente, jusqu'à s’élever à 30 % pour les 0,01 % des ménages les plus aisés6 !

    Cette triche, dramatique, s'illustre notamment par la pratique des passeports dorés. Alors que partout dans le monde, les frontières se ferment pour les migrant·e·s et les réfugié·e·s, elles restent largement ouvertes pour ceux qui peuvent payer, puisque plus de 165 pays proposent des visas dorés. Les plus riches peuvent ainsi acheter des visas – ou même acquérir la citoyenneté – dans des pays tels que le Portugal ou Chypre, moyennant paiement comptant ou un investissement important dans le pays7. En novembre 2018, des militants d'Attac avaient ainsi manifesté contre la tenue du « Salon international de l’émigration et de l’immobilier de luxe » à Cannes, qui met en vedette la pratique des visas dorés, nouvel outil pour favoriser l’évitement fiscal8.

    La fondation Jean Jaures considère que l'exil fiscal est le « stade ultime de la sécession des élites », qui « constitue une illustration paroxystique de ce séparatisme social développé depuis une trentaine d’années dans une partie des couches les plus favorisées de la population française »9.

    Alors que les discours de la macronie tentent de faire passer certaines parties de la population pour de « mauvais français », voire des ennemis de l'intérieur, la fondation Jean Jaures explique que le « processus de séparatisme social [...] se traduit également par le fait que le sentiment de solidarité, mais aussi de responsabilité à l’égard de l’ensemble de la société – qui incombe traditionnellement aux élites selon le principe de l’adage « Noblesse oblige » – s’étiole progressivement. De nombreux membres des catégories les plus favorisées éprouvent aujourd’hui davantage d’affinités avec les personnes d’autres pays de niveau social équivalent qu’avec leurs concitoyens plus modestes. Pour une partie de l’élite sociale, le cadre national est aujourd’hui obsolète et le lien au pays n’est plus fondamental. C’est dans ce contexte que l’on peut analyser la très forte hausse des expatriations ». C'est bien « l’attrait pour un environnement économique et fiscal plus avantageux [qui] semble être pour les catégories favorisées un puissant moteur incitant à l’expatriation », comme en témoigne la forte proportion d'expatriations en Suisse ou au Luxembourg.

    Les riches multiplient donc les dispositifs pour échapper à l'impôt, bien aidés par les banques et cabinets d'affaires. Plutôt que de lutter contre cette sécession des riches, le gouvernement a au contraire multiplié les cadeaux fiscaux, en transformant l'ISF en IFI, en instaurant la « flat tax » ou encore en supprimant l' « exit tax »10. L'INSEE11 confirme que les 5% des français les plus aisés sont les grands gagnants des politiques fiscales menées par le « Président des riches », tandis que les plus pauvres ont vu leur pouvoir d'achat altéré par la baisse des APL.



    Economiquement, les riches sont les profiteurs de la crise

    Un récent rapport d'Oxfam12 montre que certaines entreprises multinationales et leurs actionnaires sont les grands profiteurs de la crise actuelle. En effet, ce n'est pas la crise pour tout le monde : 32 entreprises, parmi les plus grandes multinationales de la planète, devraient enregistrer en 2020 une hausse spectaculaire de leurs bénéfices, soit 109 milliards de dollars de plus que leur bénéfice moyen réalisé au cours des quatre années précédentes. Une large partie de ces bénéfices a été reversée à de riches actionnaires, alimentant les inégalités mondiales. Les 25 milliardaires les plus riches du monde ont ainsi vu leur richesse augmenter de 255 milliards de dollars entre la mi-mars et la fin mai, soit une augmentation moyenne de 10 milliards de dollars. Le seul Jeff Bezos pourrait, avec les bénéfices qu’il a réalisés pendant la crise, verser une prime 105 000 dollars aux 876 000 personnes employées par Amazon dans le monde, y compris les quelques 10.000 salarié·e·s en France, tout en restant aussi riche qu’il l’était avant la pandémie de coronavirus.

    Ecologiquement, les riches ont un mode de vie incompatible avec la lutte contre le dérèglement climatique

    Dans « Comment les riches détruisent la planète »13  Hervé Kempf montre comment une classe dirigeante prédatrice et cupide fait obstacle au changement de cap qui s'impose urgemment : à la fois directement, « par les puissants leviers – politiques, économiques et médiatiques – dont elle dispose et dont elle use afin de maintenir ses privilèges ». Mais aussi, indirectement, « par ce modèle culturel de consommation qui imprègne toute la société et en définit la normalité ». Le fondateur de Reporterre dénonce ainsi la « consommation outrancière de yachts, d’avions privés, de résidences immenses, de bijoux, de montres, de voyages exotiques, d’un fatras clinquant de dilapidation somptuaire »14. Il explique ainsi que les 10 % les plus riches sur ce globe comptent pour 45 % des émissions mondiales de dioxyde de carbone, ou qu’en France, chaque personne appartenant aux 1 % les plus riches émet plus de 200 tonnes de gaz à effet de serre par an, contre 6 par personne en moyenne15.

    N'en déplaise aux islamophobes, les vrais séparatistes, ce sont les riches ! Face au projet ignoble du gouvernement, Attac va multiplier, dans les prochaines semaines, des actions pour ne pas laisser stigmatiser injustement une partie de la population et mettre en évidence là où se situe le véritable séparatisme.

    Par Raphaël Pradeau, porte-parole d'Attac France

  • Attac Infos dans la Vienne N° 64 - 15 septembre 2020

    Attac.png1. Attac 86 : 2020-2021 en perspective
     
    Quelques mots sur la réunion du 7 septembre : nous étions 8 avec 4 excusé.e.s supplémentaires. S’est posée la question de la continuité de l’activité d’Attac au niveau local : nous avons investi, ces derniers mois, plusieurs initiatives (référendum ADP, bassines, Pour une autre PAC, action anti-pub, collectif inter-associatif sur la bio-diversité, « Le jour d’après ») et d’autres apparaissent (comme celle sur les enjeux de l’agriculture et de l’alimentation, voir ci-dessous). Nous continuerons à intervenir sur ces divers terrains de mobilisation locale et ponctuellement sur d’autres (mobilisation climat, thème des retraites/fiscalité,…) A noter que les « vautours » en cours de fabrication pour dénoncer l’affairisme du fond d’investissement « Black Rock » sont toujours à finir chez Nicole et Gérard !
    Nous avons également évoqué le départ de Yannic et Jean-Sébastien qui quittent la région pour de nouvelles aventures ! Ce que nous regrettons vivement (!) étant donné leur important investissement dans la vie d’Attac 86 ! On espère les voir et boire un verre par la même occasion le 7 octobre…
    Jean-Seb s’occupait de l’animation de la page FB d’Attac 86 : c’est une place à prendre qui n’a pas trouvé preneur pour le moment. Qu’on se le dise, il reste à trouver un.e volontaire pour s’occuper de la mise à jour de nos activités locales.
    - Fête des causes à défendre (voir web86 pour le détail des deux journées : https://web86.info/12-et-13-septembre-les-causes-a-defendre-en-images/) à noter que deux personnes ont adhéré à Attac sur place !)
     
    Prochaine réunion d’Attac 86 : mercredi 7 octobre à 20 h 30 salle 2, maison de la Gibauderie à Poitiers. Nous y reviendrons sur les prochaines initiatives qui se développent après ces derniers mois d’activité réduite. Un framadate suivra dans quelques jours pour avoir une idée de votre présence (ou non) à notre réunion mensuelle.
     
     
    2. Mobilisation sur les « bassines » : rendez-vous le 11 octobre dans les Deux-Sèvres
    Pour la manifestation du 11 octobre dans le marais Poitevin, deux rendez-vous de covoiturage ont été fixés : RDV devant la biocoop d'Auchan Sud : le premier à 11 h 15 pour participer au pique-nique sur place et le second à 12 h 45 pour rejoindre la manifestation.
     
     
    3. 17 octobre sur les enjeux de l'agriculture et de lalimentation
    Chaque année a lieu sur tout le territoire des « Marches contre Monsanto » soutenues par Attac auxquelles participent activement les comités locaux. Cette année l’évènement qui aura lieu le 17 octobre s’appelle « Notre assiette pour demain ». Il porte plus largement sur les questions agricoles et sur la Politique Agricole Commune (PAC). Une tribune sera publiée ces prochains jours.
    Une page FB dédiée à cette mobilisation existe : https://www.facebook.com/events/3207522135937128/
    Les comités locaux d’Attac sont encouragés à participer à cet évènement, en lien avec d’autres organisations locales, dont la Confédération Paysanne, voire à prendre l’initiative de son organisation.
    A Poitiers, le groupe local de Greenpeace a pris l’initiative de lancer la mobilisation : une réunion de préparation devrait se mettre en place rapidement. A suivre donc.
     
     
    4. Adhérer à Attac : c’est toujours possible !
     

  • ATTENTION : La « Fête des causes » à défendre change de lieu !

    ATTENTION : La Salle du verger est réquisitionnée pour servir de centre de dépistage COVID.
    La Fête des causes à défendre des 12 et 13 septembre déménage à la salle de la Gornière, 15, rue de la Gornière, toujours à Châtellerault. Cette salle est près de la Vienne (la rivière !) plaine d’Ozon.

     

    Merci de diffuser cette modification de salle.

  • Plan de relance du gouvernement : ni social, ni écologique

    Avec 100 milliards d’euros, Jean Castex annonce une série de mesures pour relancer l’économie française après le confinement. Il ne fait en réalité que répondre aux demandes du MEDEF, sans répondre aux urgences sociales que connait le pays et à la nécessaire bifurcation écologique. Soyons clair, ce n’est pas un plan en faveur de l’emploi ... le premier ministre s’est en effet contenté de demander timidement au patronat ... 126000 emplois et leur donne... 100 milliards en échange !

    Ni social.png

    L’orientation générale de ce plan est donc un soutien aux entreprises, y compris les plus grosses qui n’ont pas toutes des problèmes de trésorerie. Ce sont donc 20 milliards, un cinquième du plan, qui seront consacrés à la réduction des « impôts de production ». Cette baisse d’imposition était déjà en gestation avant la crise du covid et est une demande déjà ancienne du MEDEF. Pourtant, les politiques antérieures de réduction de la fiscalité des entreprises ont rarement favorisé les investissements utiles, et ont surtout servi les profits des actionnaires.

    Ces aides ne sont assorties d’aucune conditionnalité sociale ou environnementale. Elles ne seront d’aucun secours pour sauver les salarié·e·s des centaines de milliers de licenciements en cours ou à venir et risquent d’abonder des activités incompatibles avec les limites planétaires. Couplée à une interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des profits, une sécurité sociale professionnelle associé à un nouveau statut du salarié pourrait a contrario assurer un maintien des droits et des revenus des salarié·e·s menacé·e·s. La relance de l’emploi par l’embauche d’agents publics n’est pas non plus envisagée, alors que le service public fait partie des "amortisseurs" de crise sociale dont l’effet est reconnu depuis la crise de 2008 et que la bifurcation écologique nécessite un accompagnement fort de l’État pour que la volonté politique affichée se décline en mesures concrètes.

    De même, les sommes allouées aux minimas sociaux et aux personnes les plus précaires sont ridicules par rapport à ce qui est offert aux entreprises : 1 milliard d’euros (hausse de l’allocation de rentrée et repas à 1 euro en restaurant universitaire, aide aux associations et à l’hébergement d’urgence)... soit 1% du budget du plan de relance !

    La baisse de la fiscalité sur les entreprises et l’absence de réforme fiscale qui s’attaquerait aux profits, est aussi un obstacle pour mettre en œuvre une transformation écologique de la société. Elle prive un peu plus les collectivités de fonds pour modifier en profondeur les modes de transports, de production, d’agriculture ou de logement, autant qu’elle empêche de développer les services publics qui ont pourtant montré leur importance ces derniers mois. Elle rend d’autant plus difficile la création des centaines de milliers de nouveaux emplois, non délocalisables nécessaires pour la transition écologique et les services non marchands.

    Aux côtés des mouvements populaires et citoyens, nos associations et syndicats ont des propositions à faire et des combats à mener. Oui, il y a des alternatives au capitalisme néolibéral, productiviste et autoritaire, et ces alternatives sont crédibles, désirables et réalisables. Les mesures d’urgence du collectif unitaire « Plus Jamais Ça » constituent des premières pistes en ce sens. Elles sont amenées à s’enrichir au fil des mobilisations que nous mènerons collectivement.

    Communiqué du 3 septembre 2020

  • Réunion d’ATTAC 86 le 7 septembre

    Attac.pngRendez-vous lundi 7 septembre à Poitiers à la Maison de la Gibauderie, salle 2
     
    La date la plus propice pour la réunion de rentrée est donc lundi 7 septembre : vous pouvez toujours compléter le framadate ci-joint (pour le moment 7 réponses positives) pour signaler votre présence ce jour-là : https://framadate.org/HqgRXzttOJzrHdwI
     
     
    Attac 86 est aussi présent via ce lien :