28.10.2009

L'urgence climatique

rubon1.jpgSur le site de Spéculand (http://www.speculand.com/Copenhague-L-Ultimatum-Climatique) vous trouverez une vidéo sur l'urgence climatique. Cette vidéo est réalisée pour Attac et les Amis de le Terre.

25.10.2009

Nicolas Sarkozy, très très cher président de l'UE

Au mois de juillet, pour son premier rapport de l'histoire sur le budget de l'Elysée, la Cour des comptes avait déjà relevé de nombreuses anomalies, mettant notamment à jour un système de sondages aussi coûteux qu'inopportuns. Trois mois plus tard, ce sont cette fois les comptes de la présidence française de l'Union européenne qui sont épinglés.

Du 1er juillet au 31 décembre 2008, l'Etat français aura dépensé 171 millions d'euros, selon le rapport de l'institution de contrôle budgétaire, publié par Mediapart. Certes, on pourra toujours dire que c'est moins que les 190 millions d'euros d'autorisations d'engagement initialement votées par le Parlement français.

Mais c'est trois fois plus que la présidence française de 2000 (57 millions d'euros, mais l'UE ne comptait alors que 15 membres), près de deux fois plus également que la précédente présidence slovène (80 millions d'euros) et à peine moins que la présidence allemande en 2007 (180 millions d'euros).

Surtout, la Cour des comptes met en exergue un nombre de « manifestations décidées à l'initiative de la présidence » supérieur aux « manifestations obligatoires ou traditionnelles », que les Etats à la tête de l'UE se doivent d'organiser. Et pointe « un coût parfois élevé » et un caractère « parfois dérogatoire, voire irrégulier, des procédures suivies ».

 

La suite de cet article effarant sur le site de Rue 89 :

http://www.rue89.com/2009/10/25/nicolas-sarkozy-tres-tres-cher-president-de-lue-123281

Taxer les profits des banques ? Mesdames et Messieurs les députés, encore un effort

 

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L’Assemblée nationale a adopté le principe d’une taxe additionnelle de 10% sur les bénéfices des banques. Ce fut un vote acquis à la surprise générale puisque le gouvernement s’y opposait bien que le Commission des finances se fut prononcée en faveur d’un tel amendement au projet de loi de finances 2010.

Est-il vrai que « les banques n’ont pas commis de faute », comme le répète à l’envi Mme Lagarde ? Elles ont participé à la frénésie spéculative qui a précédé la crise, elles possèdent des comptoirs dans les principaux paradis fiscaux, elles ont appelé au secours les fonds publics mais ont poursuivi leurs habitudes de rémunérations exorbitantes pour les principaux managers et traders. Parallèlement, elles rechignent à prêter de l’argent pour faciliter le développement de véritables activités productives.

S’agit-il donc de pratiques normales au regard des besoins de la société ou fautives ? Les banques ont prouvé une fois encore que la finance actuelle est « socialement inutile », comme l’avait dit il y a peu Adair Turner, responsable de l’autorité bancaire britannique.

L’association Attac rappelle l’urgente nécessité d’un encadrement public strict du secteur bancaire et financier, la séparation des banques de dépôts et d’affaires, l’instauration d’une fiscalité sur les profits financiers qui n’ont aucune raison d’être.

Au moment où l’on entend murmurer des appels en faveur d’une taxation des transactions financières internationales, pour un montant certes beaucoup trop faible, il serait mal venu de s’opposer à une contribution supplémentaire des banques. Attac condamne à l’avance toute tentative de refaire voter les députés lundi prochain pour qu’ils s’alignent sur les ordres donnés à l’Élysée, dans les salons des banques ou du Medef.

Il est vrai que les pouvoirs ont pris l’habitude de refaire voter les peuples ou leurs représentants quand ceux-ci ont le mauvais goût d’être rebelles. Il est temps que la parole citoyenne l’emporte sur les intérêts financiers. Dans ce but, Attac souhaite lancer avec d’autres associations et les syndicats une grande campagne d’explication et de mobilisation pour transformer en profondeur l’activité des banques.

 

23.10.2009

Cessons de nous ruiner pour sauver les riches

Bob Herbert, éditorialiste du New York Times, s’insurge devant le scandale de l’insolente richesse retrouvée par ceux qui n’ont dû leur survie qu’au prix d’un sauvetage qui a ruiné l’Etat, alors même que la grande majorité de ses concitoyens lutte pour parvenir à joindre les deux bouts ou à conserver un toit. « Nous ne pouvons pas continuer à transférer la richesse de la nation à ceux qui sont au sommet de la pyramide économique - ce que nous avons fait depuis environ trente ans - tout en espérant qu’un jour, peut-être, les avantages de ce transfert se manifesteront sous la forme d’emplois stables et d’une amélioration des conditions de vie de millions de familles qui luttent pour y arriver chaque jour, » s’exclame-t-il, avant de conclure qu’aujourd’hui, il faudrait être « fou » pour continuer à croire à ce « conte de fée. »

Les grands titres qui faisaient la première page du New York Times ce samedi résumaient sans le vouloir la situation terrible dans laquelle nous avons permis que notre pays s’enfonce.

A droite, le titre de Une annonçait : « Les déficits US s’élèvent à 1 400 milliards de dollars - les plus importante depuis 1945. »

Celui situé à proximité disait : « Le renflouement permet la renaissance des banques et des bonus »

Nous avons passé ces dernières décennies à couvrir les riches d’argent, comme s’il n’y avait pas de lendemain. Nous avons abandonné les pauvres, étranglé économiquement la classe moyenne et mis en faillite le gouvernement fédéral - tout en donnant à peu près tout ce qu’ils voulaient aux banques, aux méga-entreprises et à ceux qui sont au sommet de la pyramide économique.

Mais nous ne semblons toujours pas en avoir tiré les leçons qui s’imposent. Nous avons laissé tant de gens tomber dans le terrible abîme du chômage, que personne - ni l’administration Obama, ni les syndicats, ni certainement quiconque au Parti républicain - n’a la moindre idée sur la façon de leur redonner du travail.

Pendant ce temps, Wall Street tutoie les sommets. Je suis étonné de voir à quel point la population reste passive face à ce scandale qui perdure.

Au moment même où des dizaines de millions de travailleurs Américains se battent pour garder leur emploi et conserver un toit sur la tête de leurs familles, les petits malins de Wall Street se lèchent les babines avec un nouveau festin obscène de plusieurs milliards de dollars de bonus - cette fois-ci grâce aux milliards du plan de sauvetage fournis par l’Oncle Sam, en contrepartie de bien peu de contraintes.

Peu importe que l’économie éprouve toujours de graves difficultés. Comme le Times le notait samedi, pratiquement tout Wall Street « imprime de la monnaie. »

C’est une forme de magie noire qui a un air de déjà vu. J’avais écrit un article, trois jours avant Noël 2007, qui mettait l’accent sur la déconnexion profondément dérangeante entre Wall Street qui récoltait un niveau record de primes - entassant milliards sur milliards de dollars - alors que les familles de salariés arrivaient difficilement à joindre les deux bouts.

Nous apprendrions plus tard que c’est en décembre 2007 que cette grande récession avait commencé. J’avais écrit que « alors même que Wall Street se réjouit et passe des commandes record de champagne et de caviar, le rêve américain est en salle de soins intensifs. »

Nous avons donc assisté à une orgie de bonus lorsque la récession s’installait, suivie aujourd’hui par une nouvelle orgie (aux frais des contribuables) qui n’est ni plus ni moins qu’une arrogante provocation en direction de tous ceux qui ont souffert, et continuent de souffrir durant cette récession.

Que P.T. Barnum [] l’ait réellement dit ou non, il y a bien un pigeon qui nait à chaque minute. Les contribuables américains pourraient vouloir se regarder dans le miroir, pour vérifier si ce nom d’oiseau leur convient ...

Nous devons procéder à quelques changements fondamentaux dans la façon dont vont les choses dans ce pays. Les joueurs et les escrocs du secteur financier, ces mêmes clowns qui ont tant fait pour mettre l’économie à genoux, poussent des hauts-cris sur leur bon droit lorsqu’on évoque la perspective de règlements visant à lutter contre les pires aspects de leur comportement excessivement risqué, afin de les empêcher de provoquer une nouvelle crise économique.

Nous devrions aller encore plus loin. Nous avons institutionnalisé l’idée selon laquelle il existerait des entreprises qui sont trop grandes pour être laissées faillir et que par conséquent, « nous, le peuple » serions tenus de veiller à ce que cela n’arrive pas - même si cela entraîne la ruine des finances de l’Etat et met en péril le niveau de vie des gens ordinaires. Quel sens tout cela a-t-il ?

Si une société est trop grosse pour faire faillite, alors c’est qu’elle est trop grosse pour exister. Démantelons-la.

Pourquoi l’opinion publique devrait-elle se soucier constamment qu’un faux pas des équilibristes de haut vol de Goldman Sachs (pour prendre l’exemple le plus évident) puisse mettre en péril l’économie toute entière ? Ces acrobates financiers retirent des avantages extraordinaires de leur extravagantes prises de risque - des chèques de paie de plusieurs millions de dollars, des maisons grandes comme des châteaux - mais le public doit être là pour absorber les chocs les plus douloureux lorsqu’ils font une terrible chute.

Assez ! Goldman Sachs s’enrichit alors que le pourcentage total du chômage et du sous-emploi atteint le chiffre stupéfiant de 20%. Les deux tiers de l’ensemble des augmentations de revenus entre 2002 et 2007 - les deux tiers ! - sont allés aux 1% des Américains les plus riches.

Nous ne pouvons pas continuer à transférer la richesse de la nation à ceux qui sont au sommet de la pyramide économique - ce que nous avons fait depuis environ trente ans - tout en espérant qu’un jour, peut-être, les avantages de ce transfert se manifesteront sous la forme d’emplois stables et d’une amélioration des conditions de vie de millions de familles qui luttent pour y arriver chaque jour.

Cet argent n’atteindra jamais le bas de la pyramide. C’est un conte de fées. Nous sommes fous de continuer à y croire.

Bob Herbert, New York Times, 19 octobre 2009